Rapport Economique et Financier 2012-2013

La croissance mondiale a sensiblement décéléré en 2012 (3,2% contre 3,9% en 2011) à cause de l’aggravation de la crise européenne, de la récession au Japon et du ralentissement des économies émergentes, en l’occurrence la Chine. De ce fait, la croissance du commerce mondial était tombée à 2,5% en 2012 contre 6,0% en 2011. La régression de l’activité mondiale a déclenché ses propres effets amortisseurs. La bouffée d’inflation intervenue au début de l’année 2012 par la hausse des cours du baril de pétrole et de ceux des matières premières s’est atténuée, à la fois dans les économies avancées, émergeantes et en développement. Pour l’’ensemble de l’année 2012, les cours des produits de base et des matières premières ont généralement fléchi sauf ceux des produits alimentaires. Les cours du pétrole brut ont baissé, passant de 112,5 US$ le baril au premier trimestre à 101,99 US$ au dernier trimestre 2012.

L’économie malgache en 2012 reste tributaire de la crise que le pays a connue depuis 2009 avec tous ses effets négatifs, entre autres l’aggravation de la pauvreté, la dégradation des infrastructures faute de financement extérieur et la détérioration des indicateurs sociaux. Par ailleurs, l’interférence du ralentissement de l’économie mondiale à l’instar de celles des pays de la zone euro, et la fréquence des catastrophes naturelles ont fragilisé l’économie de Madagascar et rendu difficile la reprise d’une croissance économique forte et soutenue. En effet, la croissance économique en 2012 reste faible comparativement à celle d’avant crise, mais elle s’est améliorée par rapport à celle de l’année précédente (1,3% en 2011 et 2,5% en 2012).

La croissance du secteur primaire est en progression : 1,5% en 2012 contre 0,7% en 2011 suite aux performances des branches agriculture et élevage malgré la réduction drastique de l’exploitation sylvicole.

Le secteur secondaire poursuit le chemin de la croissance en enregistrant un taux de 5,1% (contre 3,2% en 2011), avec la performance de quelques branches : les industries extractives (83,3%), énergie (3,9%), les agro-industries (28,9%) et les zones franches industrielles (ZFI) (3,5%). Le secteur tertiaire évolue à la hausse avec une croissance de 3,0% contre une baisse de 0,3% en 2011 grâce à la performance des branches d’activités liées au Tourisme (7,1%) et de la branche « Transports » (10,1%), en particulier les transports aériens. Doit-on signaler le renouvellement par Air Madagascar d’une partie de la flotte, l’ouverture de nouvelles lignes aériennes extérieures et de hubs régionaux afin de joindre rapidement les sites touristiques les plus convoités du pays.

Le taux d’inflation a reculé de 3,7 points en 2012, par rapport à celui de 2011, passant en moyenne annuelle de 9,5% en 2011 à 5,8% en 2012, selon l’INSTAT. L’inflation est imputable à la hausse (5,7%) des prix des produits locaux qui dénotent une forte contribution (80%) dans l’évolution moyenne des prix de l’ensemble des groupes de produits.

Les réalisations des recettes budgétaires et des dépenses publiques n’ont pas atteint les objectifs fixés initialement dans la loi de finances (LF) 2012. La situation stagnante est caractérisée par une faible performance des recettes fiscales qui n’arrivent pas atteindre les objectifs et par la faiblesse des investissements publics faute de financement extérieur des projets.

La masse monétaire a augmenté de 6,9% à fin décembre 2012, passant de 5 237 milliards d’Ariary en 2011 à 5 597,3 milliards d’Ariary en 2012, à cause d’une augmentation notable de 346,6 milliards d’Ariary des créances nettes sur l’Etat et une hausse de 125 milliards d’Ariary des crédits à l’économie. Il est à noter que les avoirs extérieurs nets de Madagascar, qui représentent 46,4% de la masse monétaire en 2012, ont connu une diminution de 3,6% comparés à ceux en 2011 à cause du financement du déficit de la balance des paiements.

Après un solde excédentaire de 80,7 millions en 2011, la balance de paiements a affiché un déficit de 54,9 millions de DTS en 2012 consécutif à une nette diminution du solde positif des opérations en capital et financières (-22%), malgré une réduction du déficit des transactions courantes. La réduction des donsprojet et des prêts publics pour le financement des investissements en sont les principales causes. La balance commerciale de Madagascar est déficitaire de 2976,2 milliards d’Ariary puisque les importations estimés à 6 402,6 milliards d’Ariary ont largement excédés les exportations sont plus élevées que nos recettes d’exportation estimées à 3 426,4 milliards d’Ariary.

A propos du bilan social, certains indicateurs annoncent une régression par rapport à ceux de 2011 mais d’autres ont connu une amélioration. Au niveau de la santé, le taux de consultation externe a baissé en 2012 (28,2% contre 32,8% en 2011) et s’éloigne du taux prévu. Les taux de couverture vaccinale, par contre, dépassent largement les 80%: 87% pour le DTC HepBHib3 et 85% pour le Vaccin Anti-Rougeoleux.

Dans le domaine de l’éducation, les taux bruts de scolarisation ont gagné respectivement 7,5 et 1,2 points pour le collège et le lycée. Par contre, le primaire a enregistré un recul de 1,1 point. Les taux de réussite aux examens à tous les niveaux d’enseignement sont en baisse : passant de 81% en 2011 à 72,75% en 2012 pour le CEPE ; de 46% à 42% pour le BEPC et de 46,1% à 42,1% pour le Baccalauréat. L’échec aux examens et le recul du taux de consultation externe sont les fâcheuses conséquences de la crise que vit le pays actuellement et qui agit négativement sur l’éducation et la santé de la population.

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