Permettre à la population de profiter des bénéficiers des bienfaits et des services offerts par les naturelles marines et côtières du pays, tout en évitant une exploitation abusive préjudiciable aux générations futures

Posted By on 3 mai 2018

Les acteurs et experts du « bleu » se réunissent durant deux (02) jours afin de consolider les réflexions intersectorielles en vue de finaliser très prochainement la Stratégie Nationale de l’Economie Bleue de Madagascar et de son plan d’actions.

Madagascar possède 1.140.000km2 de Zone Economique Exclusive (ZEE), plus de 5500km de côte, plus de 300 000 ha de mangroves, 50.000 ha de tannes d’arrière mangroves, 155.000 ha de lacs et de lagunes d’intérêts halieutiques, 150.000 ha de rizières propices à la pisciculture, 1.500 km2 de plans d’eau naturels favorables à la pisciculture. Son littoral constitue plus de 51% du territoire et abrite près de 65% de la population totale. Pour les États insulaires comme Madagascar, la mer et les océans se présentent comme un socle d’un avenir durable. « Outil à la fois stratégique et économique, établi dans le respect du leitmotiv défini par le Plan national de développement et du plan Fisandratana 2030, la mer et les océans représentent désormais le fer de lance pour le décollage économique de la Grande Ile » a déclaré le Ministre de l’Economie et du Plan.

Economie bleue ?

Le concept d’« Economie bleue», consacré lors de la Conférence Rio + 20 de 2012, met l’accent sur la conservation et sur la gestion durable, en partant du principe que des écosystèmes océaniques sains sont plus productifs et indispensables à des économies durables axées sur les océans.

C’est justement dans la promotion de ce concept que la FAO a lancé l’Initiative en faveur de la croissance bleue, qui lui permettra d’appuyer les pays dans l’élaboration et et la mise en œuvre des programmes dans ce domaine.

La croissance bleue consiste en effet à mieux tirer parti du potentiel des océans, des mers et des côtes afin :

  • d’éliminer la surpêche et autres pratiques de pêche préjudiciables, en optant pour des approches qui favorisent la croissance, la conservation et la pêche durableet mettent fin à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée,
  • de favoriser des mesures adaptées qui encouragent la coopération entre les pays,
  • de faciliter l’élaboration de politiques, l’investissement et l’innovation en faveur de la sécurité alimentaire, de la réduction de la pauvreté et de la gestion durable des ressources aquatiques.

Quels enjeux pour Madagascar ?

Jusqu’ici, Madagascar dispose des documents cadres de la mer et de l’océan suivant des approches sectorielles. Or l’océan requiert une vision globale et unifiée… Tout en tenant compte du développement équitable et durable dans le respect des écosystèmes marins et côtiers, cette stratégie vise à apporter une réponse aux éventuels problèmes rencontrés par les acteurs en mer. La stratégie nationale fournit les orientations stratégiques pour tendre vers l’Economie Bleue pour sa mise en œuvre quinquennale suivant les orientations stratégiques suivantes :

  • Promouvoir la Croissance Bleue et la création d’emploi ;
  • Développer une gestion soutenue, durable et partagé des ressources marines afin de préserver l’espace marin et même la planète ;
  • Vulgariser la connaissance du monde marin dans un processus de réconciliation entre le peuple Malagasy et la mer;
  • Mettre en place un plan de mise en œuvre efficace.

« L’inter-sectorialité » est le maitre-mot dans l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie pour permettre l’obtention de résultats palpables. « Tous les acteurs en mer sont concernés dans la Stratégie Nationale sur l’Economie Bleue, et le dispositif institutionnel mis en place pour assurer sa mise en œuvre devra toujours tenir compte de cet impératif » s’est exprimé la Secrétaire d’Etat chargée de la Mer.

Le changement climatique, la surpêche, une aquaculture mal planifiée et insuffisamment encadrée dans les zones côtières et les eaux continentales, et d’autres activités humaines aux effets destructeurs, contribuent à causer des dommages irréversibles aux habitats, aux écosystèmes et à la diversité biologique. « La croissance bleue propose une approche globale en vue d’une gestion durable et d’une utilisation efficace des ressources naturelles, avec pour point de mire la sécurité alimentaire, la croissance économique et la capacité d’adaptation des exploitants aux effets du changement climatique et leur résilience face aux catastrophes naturelles et aux risques socioéconomiques » a rajouté le Représentant de la FAO à Madagascar, Comores, Maurice, Seychelles.