Les services du FMI examinent l’état d’avancement du programme économique de Madagascar

Posted By on 28 septembre 2018

  • La croissance économique devrait dépasser 5% cette année, le taux le plus élevé de ces dix dernières années.
  • La maîtrise des dépenses non prioritaires et l’accroissement des recettes demeurent essentiels pour poursuivre l’augmentation des investissements publics et des dépenses sociales.
  • La lutte contre la corruption reste critique pour améliorer la gouvernance et éviter des impacts économiques considérables.

Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Marshall Mills, chef de mission pour Madagascar, a visité Antananarivo et Toamasina du 12 au 26 septembre 2018. L’équipe s’est entretenue avec les autorités au sujet de la quatrième revue du programme de réformes économiques de Madagascar, appuyé par le FMI à travers l’accord triennal au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) [1].

Au terme de la mission, M. Mills a fait la déclaration suivante :

« La situation économique de Madagascar a continué à s’améliorer. La croissance devrait dépasser 5% cette année, le taux le plus élevé de ces dix dernières années. Ce résultat est porté par un rebond de la production agricole, plus particulièrement du riz, ainsi qu’une hausse des investissements publics. En dépit de l’augmentation des prix internationaux du pétrole, la situation du secteur extérieur est restée favorable, avec une très bonne performance des exportations soutenues par des prix et des volumes élevés de la vanille et des produits miniers. Après un pic à la fin de l’année 2017, l’inflation a baissé d’une façon continue et devrait être réduite à 7 % d’ici la fin de l’année. Relever le niveau de vie de la population exige toutefois une croissance durable et inclusive.

« Dans l’ensemble, la mise en œuvre du programme appuyé par la FEC continue d’être satisfaisante. Tous les objectifs quantitatifs du programme pour le premier semestre de l’année ont été atteints, à l’exception du niveau de dépenses sociales, temporairement plus bas que prévu. La Banque Centrale a notamment continué à accumuler des réserves de change, qui ont atteint un niveau record. De manière générale, le budget a été exécuté comme prévu. Le programme de réformes structurelles a également continué à progresser, comme en témoigne l’ouverture du premier pôle anti-corruption.

« La réorientation continue des dépenses publiques les moins productives vers les dépenses d’investissement et les dépenses sociales reste au cœur du programme. Des retards dans l’ajustement des prix à la pompe — sur fond de hausse des prix mondiaux du pétrole, de tensions sociales et de poursuite des négociations sur la structure des prix — ont généré un montant élevé du passif envers les distributeurs. Les services du FMI ont vivement encouragé les autorités à minimiser les impacts de cette hausse du passif sur le budget et les dépenses prioritaires en alignant progressivement les prix à la pompe à un niveau cohérent avec le retour à la vérité des prix et en apurant les dettes aussi rapidement que les conditions le permettent. Les autorités envisagent de prendre des mesures pour atténuer les effets de l’ajustement des prix sur les couches les plus vulnérables de la population. Bien que la société nationale d’électricité JIRAMA ait accompli des progrès dans la réduction de ses besoins de transferts, les services du FMI ont souligné la nécessité de redoubler d’efforts afin de limiter les subventions l’année prochaine, conformément aux objectifs des autorités.

« En outre, la mission et les autorités ont discuté des réformes importantes en cours dans les domaines de la politique monétaire, du secteur financier et de la gestion des finances publiques, mises en œuvre avec l’assistance technique du FMI. La Banque Centrale a continué à renforcer ses cadres opérationnels afin de mieux gérer la liquidité bancaire et de limiter la volatilité sur le marché des changes, tout en accumulant des réserves.

« Les autorités et les services du FMI se sont entendus sur le caractère prioritaire de l’amélioration de la gouvernance et de la lutte contre la corruption. Les services ont souligné qu’il était crucial d’adopter d’ici la fin de l’année les deux lois relatives au recouvrement des avoirs illicites et à la lutte contre le blanchiment des capitaux déjà soumises au parlement par le gouvernement. Ne pas adopter ces deux lois pourrait exposer Madagascar à d’importantes répercussions économiques et financières, surtout en ce qui concerne le coût des opérations transfrontalières.

« La mission a rencontré le Président de la République par intérim, M. Rivo Rakotovao, le Premier Ministre, M. Christian Ntsay, le Ministre des Finances et du Budget, Mme Vonintsalama Andriambololona, le Gouverneur de la Banque Centrale, M. Alain Rasolofondraibe, des hauts fonctionnaires, ainsi que des représentants du secteur privé, de la société civile et des partenaires au développement.

« La mission tient à remercier les autorités malgaches pour leur étroite coopération et pour des discussions constructives. »

[1] La FEC est un mécanisme de prêt qui apporte un accompagnement soutenu à moyen ou à long terme sous la forme d’un programme dans les cas de problèmes persistants de balance des paiements

Source : Département de la communication du FMI