Les potentialités économiques de la région

Les atouts

  • Potentiel géographique        

Région à vocation agropastorale confirmée (parcours étendus, remarquables péri plaines …), elle est dotée de sols et climats favorables à la diversification de culture. Elle dispose à l’Ouest de grandes étendues aménageables pouvant constituer des supports pour la relance de mouvements migratoires organisés dans le but de combler le déficit en terres agricoles sur les hautes terres. La région dispose aussi de réserve de biodiversité intéressante : corridor forestier oriental, forêt de tapia dans la partie occidentale et de patrimoine mondial de forêt Zafimaniry. Il existe également des sites touristiques spécifiques : grottes, sources thermales, flore et faune endémiques. Ces richesses naturelles nécessitent une valorisation future en écotourisme et en biotechnologie qui fera de cette région un pôle d’intérêt touristique.

  • Potentiel hydrologique important

La région est dotée d’un réseau hydrographique dense et articulé sur les rivières de la Mania et Matsiatra qui présente un tracé sinueux accentuant le compartimentage et le cloisonnement de la partie centrale et orientale de la région. Elle forme ainsi un immense réservoir d’eau : grands potentiels hydroélectriques, en eau domestique, en eau industrielle, en eau agricole.

  • Potentiel en ressources minérales

 

La carte des indices miniers de la région montre que cette dernière dispose de potentiel très diversifié et immense de mines industrielles (marbre, granit, ardoise …), pierres fines et pierres précieuses.

 

  • Capital humain

 

La région d’ Amoron’i Mania dispose d’un potentiel humain important. En termes d’effectif, la région abrite 3,3 % de la population nationale (moyenne nationale 4,5 %). La taille du ménage est élevée bien qu’inférieure à celle du niveau national, tandis que la proportion de population alphabétisée qui représente 81 % pour les individus âgés de 15 ans et plus est supérieure de 9,6 points à celle du niveau national. L’accès à l’éducation primaire mesuré par le taux brut de scolarisation de 132 % est supérieur à celui du niveau national (130 %). Les taux de réussite aux examens officiels sont assez élevés comparés aux chiffres obtenus au niveau national. Ce qui présage une jeunesse dynamique susceptible d’être valorisée pour des activités en agriculture, en élevage, en artisanat et industrie.

Le taux de vaccination des enfants de moins de 5 ans est l’un des plus élevés par rapport au niveau national. Toutefois, les incidences des maladies ou les symptômes de maladies telles que la fièvre et la diarrhée y sont plus importantes.

En termes de mouvements démographiques, la région est une zone d’immigration pour les ethnies comme les Merina, Antandroy, Tanala, Zafimaniry et Bara. Cette diversité de la population pourrait être mise à profit pour la mise en valeur du potentiel de la région aussi bien en termes de terres cultivables, de variétés culturales, d’élevage que de conditions climatiques.

  • Accès à l’information

L’accès aux media se fait essentiellement par l’antenne de la Radio nationale et de quelques stations de radio privée. Des émissions télévisées de l’antenne nationale et privée peuvent être captées par la majorité des communes.

  • Présence d’institutions financières

 

Les institutions financières et de crédit, non seulement elles sécurisent les transactions financières mais facilitent aussi la monétarisation de l’économie. Les quatre districts de la région sont pourvus de structures de collecte d’épargne monétaire et/ou d’octroi de microcrédits, en l’occurrence des institutions de microcrédit. Quant aux banques commerciales, la Caisse d’épargne, l’agence de la CNaPS et de compagnies d’assurance, chaque établissement possède une seule agence localisée à Ambositra.

 

  • Présence de divers organismes d’appui, de programmes ou projets de développement

 

La région bénéficie de l’appui de divers organismes étatiques comme privés dont les activités couvrent plusieurs domaines tels que la nutrition, l’environnement, l’épargne et le crédit, le développement local, etc. Une bonne coordination des activités de ces organismes avec celles des acteurs locaux et régionaux ne pourrait être que bénéfique pour l’économie et la population de la région.

 

  • L’accès aux services de santé mérite d’être amélioré

 

L’éloignement des infrastructures sanitaires pourrait constituer un frein à l’accès aux services de santé. En effet, pour l’ensemble de la région, les malades ainsi que leurs accompagnateurs auront à parcourir jusqu’à 1 km dans 47,27 % des communes pour rejoindre la formation sanitaire la plus proche pour une durée pouvant aller jusqu’à 3 heures de temps dans 54,55 % des communes. Dans toutes les communes, le trajet se fait à pied, bien qu’en matière d’accouchement par césarienne, elle se pratique uniquement à Ambatofinandrahana.

Les contraintes et défis

Un potentiel ne se transforme en richesses que lorsqu’il est exploité moyennant la mise en place de facteurs favorables. Les contraintes auxquelles doivent faire face les responsables régionaux et communaux sont de diverses origines et nécessitent que des actions ciblées soient entreprises.

  • Les infrastructures économiques gagneraient à être développées

 

D’après les données de l’enquête CREAM 2009, la Région Amoron’i Mania, dispose d’un réseau routier plus ou moins développé qui permet de circuler en voiture légère toute l’année dans une bonne partie des communes (près de 76,36 %). D’autres communes ne sont accessibles qu’en camion et 4×4 voire à pieds car le réseau de pistes rurales est souvent dégradé. Le réseau routier connait une fluidité relative du côté oriental et un enclavement quasi-total du côté occidental. Le développement du potentiel de la région repose en grande partie sur l’amélioration du réseau routier pour favoriser le déplacement des personnes et des biens tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la région.

Du côté des autres infrastructures comme l’électricité, l’eau courante, la couverture géographique ainsi que la disponibilité des services sont limitées à quelques communes selon les informations recueillies. La même faiblesse est observée pour ce qui concerne la télécommunication et le service postal.

 

  • Dégradation de l’environnement

 

La région doit faire face à de graves problèmes de déforestation, de feux de brousse, de problèmes liés à la biodiversité (prélèvement faune et flore, prolifération des espèces envahissantes, dégradation de la richesse paysagère, etc.), par rapport au sol et à la couverture végétale (tavy, érosion, etc.), par rapport au climat, etc.

 

  • Niveau d’instruction bas de la population active

 

Bien que la Région Amoron’i Mania figure parmi les régions dont le niveau d’instruction de la population active se rapproche du niveau national , au vu des proportions de personnes qui n’ont suivi aucune formation ou qui ont suivi le cycle primaire, secondaire ou tertiaire, le niveau d’instruction de la population active est insuffisant. Si la proportion de la population ayant suivi le primaire est relativement importante, très peu ont continué jusqu’au secondaire et encore moins au niveau supérieur. Environ un quart de la population est sans instruction. Ceci constituerait un handicap en ce sens qu’une amélioration de la productivité par exemple par le biais d’une modernisation des techniques et méthodes de culture requiert un niveau minimum d’éducation. Comme d’autres régions, à Amoron’i Mania, les méthodes culturales sont dominées par la méthode traditionnelle connue pour son faible rendement.

 

  • Pauvreté de la population et précarité des conditions de vie

 

Plus la pauvreté est élevée, plus le revenu est absorbé par les dépenses de consommation. La population de la Région Amoron’i Mania peut être classée parmi les moyennement pauvres au égard à la possession de biens durables. Toutefois, c’est également la région où, en comparaison avec la situation nationale, l’incidence et l’intensité de la pauvreté sont graves car 85,2 % de la population de la région est classée comme pauvre en 2010 avec une consommation agrégée (alimentaire et non alimentaire) inférieure au seuil national de pauvreté de 468 800 Ar /pers /an.

 

  • Ressources financières

Les ressources destinées au financement des investissements de la région ont enregistré une hausse importante en 2009 puis ont baissé en 2010 suite à la politique d’austérité décrétée par le Gouvernement. Du côté de l’exécution des dépenses, le taux d’engagement a été déjà faible en 2009 puis s’est détérioré en 2010.

Au niveau des communes, il se dégage de l’analyse des chiffres obtenus lors de l’enquête que l’équilibre entre Recettes et Dépenses peut être assuré même en prenant en compte les subventions de l’Etat central. En effet, les recettes collectées au niveau de l’ensemble des communes auxquelles sont ajoutées les subventions de l’Etat arrivent à couvrir des dépenses budgétisées en 2008.