Analanjirofo

Cadre physique

  • Localisation géographique    

Surnommée également « capitale malgache du girofle», la Région Analanjirofo est située dans la partie Nord-Est de Madagascar et s’étend sur un périmètre de 22 384 km2. Elle est délimitée :

  • au nord par le district d’Antalaha (Région SAVA) ;
  • au sud par le district de Toamasina II (Région Atsinanana) ;
  • à l’ouest par les districts de Mandritsara (Région Sofia), d’Andilamena et d’Ambatondrazaka (Région Alaotra Mangoro) ; et à l’Est par l’Océan Indien.

Elle est, par ailleurs, délimitée par les coordonnées géographiques suivantes :

  • entre 16°30’27’’ et 16°30’ de latitude Sud ;
  • entre 49°31’40’’ et 49°31’ de longitude Est.

La Région Analanjirofo est subdivisée en 6 districts à savoir : Fenerive-Est, Maroantsetra, Mananara-Nord, Soanierana Ivongo, Sainte-Marie et Vavatenina. Le chef lieu de la région, Fenerive-Est, est situé à 475 km au nord-est de la capitale et est reliée à celle-ci par la RN2 puis la RN5. La région est soumise à une influence océanique et une pluviométrie estimée très importante, la moyenne des précipitations étant estimée à 2000 mm par an. Elle dispose d’une importante couverture forestière, de parcs protégés et des activités touristiques florissantes dans certains de ses districts.

Tableau 1 : Superficie des districts dans la Région Analanjirofo

Unité : km2

District

Superficie en km2

Analalava

10 070

Antsohihy

4 787

Bealanana

6 230

Befandriana

9 121

Mampikony

5 248

Mandritsara

9 604

Port-Bergé

7 443

Total

52 503

Source: VPEI/CREAM/Monographie 2009

  • Relief    

La morphologie de la Région Analanjirofo est identique à celle de l’ensemble de la côte oriental malgache à savoir des reliefs qui s’étagent par paliers successifs. On peut ainsi distinguer :

  • le secteur du littoral ayant une largeur moyenne de 6 km et une altitude qui dépasse rarement les 50 m. Il est dépourvu de grandes plaines et est constitué uniquement de petites dépressions étroites, isolées les unes des autres et séparées par un relief de basses collines, des vallées plus ou moins importantes drainées par des cours d’eau, des plages bordées de dunes peu stables, sans ouverture autre que celle des embouchures. La mer, souvent forte, occasionne à certaines périodes de l’année la formation d’une barre aux embouchures des fleuves. Ce phénomène est très redouté par les passagers d’embarcations assurant la navette entre Sainte-Marie et Soanierana Ivongo ;
  • Le secteur des hauts massifs, avec les hautes collines et un escarpement, se dresse dans l’arrière-pays. Il est formé de matériaux de socle cristallin avec une altitude moyenne de 800 à 900 m et pouvant dépasser les 1 200 m à certains endroits (Beanjada avec 1 311 m et Antongovitsika avec 1 272 m dans la partie nord).
  • Hydrologie     

Avec la forte densité pluviométrique de la côte Est de Madagascar, la Région Analanjirofo est riche en divers fleuves et cours d’eau. La densité des cours d’eau varie d’un district à un autre ; ainsi, ceux de Vavatenina et Sainte-Marie sont les moins importants tandis que le district de Maroantsetra détient 36 % du nombre de fleuves et rivières de la région.

  1. Les fleuves

La bande côtière est traversée par les fleuves Maningory, Iazafo (vers Vavatenina et Fenerive-Est), Mananara (Mananara Nord), Manantsatrana (Fenerive-Est), Marimbona, Andrangazaha (Soanierana Ivongo), Onibe, Ivoloina, Ivondro (Toamasina II) et Rianila (Brickaville). Au total, la province de Toamasina, dont fait partie la Région Analanjirofo, compte près de 482 km (linéaire) de voies navigables dont 152 km de canaux.

  1. Les lacs

Le lac le plus important en termes de superficie est Tampolo, situé à 15 km au nord du district de Fenerive-Est, dans la commune d’Ampasina Maningory.

  1. Les sources minéralisées

Les sources minéralisées dans la Région Analanjirofo sont localisées à :

  • Ranomafana Tampolo dans le district de Fenerive ;
  • Ambodimanga Ranomafana dans la commune rurale d’Ambatoharana ;
  • Ranomafana Sahafary dans la commune rurale d’Ambodimanga II.
  • Pédologie      

Les trois types de sol composant la région sont:

  • les sols hydromorphes des bas fonds, appelés aussi horaka. Ils sont en permanence saturés d’eau et dégagent une odeur de soufre. De couleur noirâtre, ils présentent des dépôts ferrugineux de couleur rouille à la surface. Ainsi les matières organiques y sont, de ce fait, mal décomposées. Ce type de sol ne convient à la riziculture que s’ils sont bien drainés, c’est-à-dire avec une bonne maîtrise de l’eau. Par ailleurs, ils ne permettent pas les cultures pérennes;
  • Les sols ferralitiques de couleur jaune sur rouge sont, par contre, riches en concrétion et en résidu d’altération. Ils constituent l’ensemble des formations pédologiques locales. Dans un horizon de faible épaisseur, on les retrouve parfois sur les pentes de colline où le sol n’est jamais très profond mais compact à texture fine et souvent argileuse. Les sols ferralitiques apparaissent sur les hauts massifs de l’intérieur. Ils y sont fortement rajeunis, humifères, peu profonds et sensibles à l’érosion au moment de la mise en culture. Leurs propriétés physiques sont bonnes mais leur richesse chimique est faible. Les pentes restent des facteurs limitatifs de leur exploitation rationnelle. Ils sont fortement dégradés par le tavy;
  • Les sols d’apport fluvial, appelés aussi baiboho, sont plus riches sur alluvions argileuses ou sableuses, surtout dans les vallées. Ils se trouvent tout au long de la côte et en bordure des cours d’eau. Ils sont favorables aux cultures pérennes pour autant qu’ils ne soient pasinondables, ou peuvent être aménagés en rizière;
  • Enfin, la morphologie de l’île Sainte-Marie est particulière. Sur sa partie centrale se dresse un prolongement montagneux, très visible entre Anivorano et Analarajy, et dont l’altitude atteint son maximum au niveau des fokontany de Maromandia – Tafondro, Lonkotsy, Davolo, Bongabe et La Carrière. D’importantes plaines se regroupent sur les extrémités nord et sud de l’île ainsi que dans la partie orientale. De nombreuses vallées entrecoupent les massifs montagneux. C’est à partir de cette morphologie diversifiée qu’apparaissent les variétés de sols allant du type ferralitique du centre (le secteur le plus fertile de l’île avec les tavy zatsy) aux couches sablonneuses du nord, du sud et de l’est, de faible fertilité et favorisant l’installation des cultures de cocotiers et d’anacardiers.
  • Géologie      

La région dispose d’un sous-sol riche en ressources minières. Son socle est composé d’un système de graphite à Vavatenina et de migmatite à Mananara Nord tandis que Maroantsetra regorge de minéraux de tout type tels que le béryl, l’or, le cristal ou encore le quartz. C’est notamment pour la qualité de son quartz, dite péso – électrique, que la région est réputée mondialement

  • Formation végétale       

La région dispose d’une très grande richesse en ressources naturelles (faune et flore terrestres et aquatiques) qui lui confère des paysages naturels très variés et à haute potentialité pour l’écotourisme. En se basant sur l’altitude de ses reliefs, le climat, l’endémisme local, on peut distinguer trois types de forêts caractéristiques de la région : la forêt humide de basse altitude, la forêt humide de moyenne altitude et les forêts littorales. D’après Conservation International, en 2005, la couverture forestière composée de forêts humides et de forêts littorales occupait 79,5 % de la superficie totale de la région.

La forêt humide de basse altitude (0 à 800 mètres) est très riche en flore avec la présence marquée des membres de familles endémiques de plantes malgaches. Le massif forestier de Mananara Nord – est un des derniers vestiges et en cela un témoin important de la forêt tropicale humide de basse altitude de la région orientale du pays. La flore et la faune qui la composent sont en majorité endémiques. 170 espèces arborescentes y ont été recensées sur une population totale estimée à 250 espèces sur la Côte Est. Après le passage des feux, la forêt primaire se modifie en des formations forestières secondaires puis en des formations arbustives, «savoka», de plus en plus dégradées. La végétation modifiée se caractérise par sa pauvreté en espèces, souvent à large répartition géographique. Les espèces dominantes des savoka à Mananara Nord sont : Ravenala madagascariensis (Strelitziaceae), Trema orientalis(Ulmaceae), Harunga madagascariensis (Hypericaceae) et Psidia
altissima (Asteraceae) (Ramangalahy, D., 1990).

La forêt humide de moyenne altitude (800 à 1 800 mètres) est caractérisée par les genres Tambourissa, Weinmania, Ravensara, Ococea et Canarium. Le plateau de Makira, situé à l’Ouest de la Baie d’Antongil, fait partie de cette catégorie avec une forêt largement ou entièrement intacte. Des études scientifiques ont indiqué que les pressions sur la forêt étaient faibles et qu’il existait une forêt intacte représentative de la zone. La superficie totale de la forêt de Makira est de 5 400 km² (une partie se trouve dans la région de Sofia et d’Alaotra Mangoro). On y trouve également la Réserve Spéciale d’Ambatovaky qui possède à la fois une forêt dense humide sempervirente et une variante de végétation sur rocher qu’on retrouve à Ambatovaky Nord, Sahave et Andrambengy. Enfin, le Parc National Zahamena dont la forêt dense humide se répartit dans des altitudes de moins de 800 m à plus de 1 200 m.

La Région Analanjirofo abrite la dernière plus grande forêt littorale de Madagascar à savoir le complexe du Cap Masoala composé par un bloc forestier terrestre et des parcelles marines tout autour, offrant une diversité de paysages, d’habitats, de faune et de flore exceptionnelles. 4 des 6 familles endémiques de plantes malgaches sont présentes à Masoala et plus de 27 % des fougères malgaches y sont recensées.

Outre ces trois grands ensembles, d’autres formations forestières particulières méritent d’être citées telles que:

  • la forêt d’Analabe située vers une quinzaine de kilomètres au sud de Maromitety et à l’ouest de Mahabo, fleuve de Fanifara. Ce reliquat de forêt primaire pourrait témoigner de l’éventuelle relation dans le temps des forets littorales et le corridor forestier de Zahamena-Ankeniheny ;
  • la Station forestière de Tampolo gérée par ESSA Forêt ;
  • les forêts littorales sur sols ferralitiques localisées à Nosy Boraha semblables à des forêts denses humides, forêt de belle qualité avec des orchidées ;
  • et les forêts littorales marécageuses localisées à Antsiraka.

Les aires protégées

Dans le cadre du nouveau programme de gestion des parcs naturels adopté en janvier 2006 dénommé Système d’Aires Protégées de Madagascar (SPAM), 34 forêts ont été classées dans la région afin d’être conservées.

  1. Aires protégées existantes

Ambatovaky, Verezanantsoro Ivontaka, Masoala, Nosy Mangabe et Zahamena.

  1. Nouvelles aires protégées

Le site de «Tampolo», situé dans la commune d’Ampasina Maningory, avec une superficie de 675,46 ha. Les objectifs de gestion poursuivis sur ce site sont la conservation de la biodiversité, le maintien des services écologiques ainsi que l’utilisation durable des ressources naturelles. L’Aire protégée comprend les unités de gestion suivantes :

  • une zone de conservation de 542,14 ha ;
  • une zone de droits d’usage de 57,46 ha ;
  • une zone éco-touristique de 45,30 ha ;
  • une zone de restauration écologique de 4,00 ha ;
  • une zone de service de 1,10 ha ;
  • et une zone d’aménagement sylvicole de 25,46 ha.

Le site « Corridor Forestier Ankeniheny- Zahamena », situé dans 30 communes rurales des Régions Alaotra Mangoro, Atsinanana et Analanjirofo (communes de Miarinarivo et d’Ambodimangavalo, district de Vavatenina). La superficie totale de l’Aire Protégée est de 425 000 ha environ. Les terrains concernés sont de nature domaniale sauf une superficie de 2 000 ha relevant de la propriété privée.

  • Climatologie      

Le climat de la région appartient au climat de la côte est de Madagascar qui est du type tropical chaud et humide. Par sa position naturelle exposée au vent d’Est et bordée par l’Océan Indien, elle est sujette à une forte pluviométrie presque toute l’année.
a) Température

La température moyenne annuelle est de 24 °C environ. La moyenne des maxima du mois le plus chaud tourne autour de 27 °C et les plus fortes chaleurs sont enregistrées en décembre et février. Le minimum du mois le plus froid oscille autour de 14 °C. La moyenne des minima se situe entre 16 et 17 °C durant les mois de juillet, août et septembre. (PRDR Analanjirofo, 2005).
b) Pluviométrie

La pluviométrie se répartit entre 180 et 300 jours. Durant l’été austral, du mois d’octobre jusqu’en mai, la région reçoit de très fortes précipitations avec une moyenne mensuelle pouvant aller de 80 à 160 mm. Par contre, d’avril en septembre, comme il s’agit de la saison sèche, la région connaît un climat relativement frais avec des précipitations moins importantes qu’en saison humide.Sur le littoral, à Mananara Nord, la pluviométrie, est moins abondante durant la saison sèche avec le mois le plus sec en novembre (82 mm) et le plus humide en février (383 mm) ; à Maroantsetra, elle atteint parfois jusqu’ à 3 000 mm et détient le record absolu en volume de précipitation à Madagascar en raison de condition de site assez particulière : les vents s’engouffrent dans la baie d’Antongil, canalisés par des parois rapprochées qui se ferme en cul-de-sac obligeant les courants à une vive ascendance. La précipitation mensuelle peut parfois atteindre 700 à 800 mm durant les périodes cycloniques qui font augmenter davantage la quantité de pluie.

Cyclones
La région étant bordée par l’Océan Indien, elle est de ce fait constamment exposée aux risques cycloniques. Les enquêtes effectuées par l’ONE en 2006 ont permis de relever les principaux faits marquants suivants :

  • les cyclones, principalement Hudah (2000) mais aussi ceux de 1959 et 1997 ont été très perçus dans la zone ;
  • inondation dans les fokontany de Mariarano (2000, 2002), de Valambahoaka (2000, 2002), Sahajinjan’i Manonga (2000), de Beanana (2003), de Mafaipoza (2000) ;
  • fortes précipitations dans le fokontany de Beravina, commune d’Androndrona en 2003.

La fréquence des ces cyclones occasionnent des ravages considérables dans la région. En témoigne, plus récemment, le passage du cyclone Giovanna (2012).

Vents
La zone de Makira reçoit le vent d’Est en permanence avec des composantes Nord ou Sud selon les latitudes. Ce vent, appelé alizé, est relativement froid et sec ; il s’échappe de la haute pression permanente de l’Océan Indien et est attiré par la basse pression se localisant sur Madagascar et sur le canal de Mozambique. Ce vent emmagasine de la chaleur et de l’humidité en traversant l’Océan Indien et déclenche des pluies orographiques sur les côtes orientales. Durant l’été austral, c’est-à-dire de novembre à avril, ce vent d’Est ou alizé est moins fort et plus irrégulier. Il est contrebalancé par une mousson qui souffle du Nord vers le Sud. Le couloir créé par le fleuve d’Antainambalana, favorise le déplacement de ce vent, et lui permet de rejoindre le district de Maroantsetra.

  • Sauvegarde de l’environnement    

D’après les données recueillies auprès des services de forêts durant l’enquête monographique de 2009, la Région Analanjirofo abrite 1 037 269 ha de forêts. Compte tenu des données non disponibles pour Fenerive-Est et Sainte-Marie, environ 367 605 ha de forêts ont pu être protégés, c’est-à-dire plus d’1/3 de la superficie de forêt existante.

Le non disponibilité des données sur la déforestation lors de l’enquête n’a pas permis d’estimer la superficie de forêt détruite. Toutefois, d’après Conservation International, le taux de déforestation dans la Région Analanjirofo a été de 0,59  % par an entre 1990 et 2000, et de 0,14  % entre 2000 et 2005 (Source : Tableau de bord Environnemental 2008).
Tableau 2 : Superficie de forêt existante, protégée et forêt détruite

Unité : ha

District

Superficie de forêt existente

Superficie de forêt protégée

Fenerive-Est

174 139

nd

Mananara Nord

222 031

163 875

Maroantsetra

403 739

70 520

Sainte-Marie

1 408

nd

Soanierana Ivongo

123 908

60 050

Vavatenina

112 044

73 160

Total région

1 037 269

367 605

Source: MEI/CREAM/Monographie 2009

  1. a) Réponse locale à la sauvegarde de l’environnement

Le nombre important de données manquantes ne permet pas d’évaluer la superficie de terrain atteint par les feux de brousse ni les efforts de reboisement effectués dans la région.

Tableau 3 : Superficie de terrain en proie au feu de brousse et reboisées

Unité : ha

District

Superficie de terrain en proie aux feux de brousse

Superficie de terrain reboisé

Fenerive-Est

nd

544

Mananara Nord

8

6

Maroantsetra

nd

nd

Sainte-Marie

nd

202

Soanierana Ivongo

4

700

Vavatenina

nd

nd

Total région

12

1 452

Source : MEI/CREAM/Monographie 2009 ND: Non disponible

ND: Non disponible

Toutefois, la région a un nombre de points de feux largement inférieur à celui du niveau national. La période à feux importants se situe entre les mois d’octobre et décembre.
(Source : MEEFT / Projet IRG Jariala – 2006 (résultats traitement d’images satellites).
b) Problèmes environnementaux

D’après le Profil Environnemental qui a été dressé par l’ONE pour la Région Analanjirofo en 2008, les principaux problèmes auxquels font face la région sont les suivants :
Problématiques de l’environnement :

  • diminution intensive de la couverture forestière ;
  • destruction d’habitat naturel ;
  • crainte de dégradation rapide de l’environnement ;
  • augmentation des besoins en bois de construction ;
  • importance du déboisement par tavy dans les bassins versants ;
  • insuffisance de moyens matériels et humains de contrôle pour une meilleure gestion/exploitation des ressources ;
  • accès interdit à certaines aires protégées (mais riches en ressources halieutiques) ;
  • dualité de conservation et gestion des ressources renouvelables.

Par rapport à la biodiversité :

  • disparition progressive des espèces de valeur ;
  • persistance d’exploitation illicite ;
  • non respect de règlement forestier ;
  • recrudescence des occupations illicites de terrain dans les aires protégées.

D’après toujours la même source, si ce rythme de dégradation continue encore, cela amènerait tôt ou tard à la disparition des précieuses forêts primaires dans la région. Ce qui signifie également la disparition totale de toutes les richesses endémiques, aussi bien faunistiques que floristiques, qui font la renommée de cette partie orientale de Madagascar.
Par rapport au sol et au couvert végétal :

  • sol acide et pauvre en matière organique en général ;
  • inexistence de plan d’occupation de sol ;
  • pollution et dégradation du sol par les exploitations minières abusives ;
  • pollution du sol par les déchets non biodégradables ;

Migration vers les zones forestières.

Par rapport aux ressources en eaux :

  • insuffisance des actions pour la protection de bassin versant ;
  • la déforestation et les changements climatiques qui influent sur la quantité d’eau des fleuves et rivières ;
  • la maîtrise de la gestion de l’eau par la population rurale encore insuffisante, par manque d’infrastructure et par manque de capacité technique ;
  • insuffisance des animations et sensibilisations de la population sur la protection des richesses en « eau » et les entretiens des infrastructures d’adduction d’eau potable (bornes fontaines et les canaux d’irrigation, réservoir d’eau…) ;
  • absence de traitement des eaux usées ;
  • diminution de débit de l’eau ;
  • augmentation des besoins en eau d’irrigation.

Par rapport aux risques naturels et sanitaires

  • manque de surveillance de risque biologique ;
  • vulnérabilité par rapport aux cyclones ;
  • sécheresse et invasion de criquets ;
  • faiblesse de système de veille et d’alerte précoce dans les districts ;
  • Analanjirofo est une région dont les conditions naturelles – côte basse à lagunes, peuplement sur le littoral et dans les vallées sont favorables à l’extension du paludisme ;
  • malnutrition, manque d’éducation sanitaire de base et d’hygiène, consommation d’eau et d’aliments insalubres, manque d’éducation, entre autres, qui apparaissent comme les principales causes de morbidité de la région ;
  • manque d’organisation pour prévenir l’éboulement et le glissement de terrain.

Par rapport à l’environnement urbain

  • augmentation des déchets urbains liés à l’accroissement démographique ;
  • absence de tri sélectif des déchets ;
  • inexistence de l’évaluation des impacts environnementaux des décharges brutes,
  • manque de dépôt des ordures ;
  • absence des bacs à ordures des communes urbaines ;
  • accentuation des inondations ;
  • insuffisance de plans d’urbanismes récents qui entrave la performance de la gestion foncière en ville.

Par rapport à l’environnement rural

  • impact négatif de l’exploitation minière sur le paysage rural ;
  • insuffisance d’électrification rurale ;
  • insuffisance de route de desserte.

Par rapport au patrimoine culturel et naturel

  • manque de moyens pour la gestion des patrimoines culturels : finances et formation spécialisée des agents concernés ;
  • persistance des cultures sur brûlis, des coupes de bois illicites et de la chasse aux lémuriens qui sont les principales menaces pour les patrimoines naturels (richesse en biodiversité) ;
  • manque de formation professionnelle adaptée pour les jeunes qui deviennent trop dépendants du tourisme (prostitution…) ;
  • difficultés des communications (route, téléphone …) entre la partie Nord et la partie Sud de la région.

 

 

 

Cadre administratif

  • Généralités sur les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) et les services techniques déconcentrés (STD)      
  1. a) Définition d’une Collectivité Territoriale Décentralisée (CTD)
    Une collectivité territoriale décentralisée est une portion du territoire national dans laquelle l’ensemble de ses habitants, électeurs de nationalité malagasy, dirige l’électivité régionale et locale en vue de promouvoir le développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique et technologique de sa circonscription. Elle assure, avec le concours de l’Etat, l’aménagement du territoire, la protection de l’environnement, la sécurité publique et l’administration, l’amélioration du cadre de vie ainsi que la préservation de son identité. Elle est dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Les CTD sont dotées de l’assemblée délibérante dénommée conseil (conseil régional pour les régions, conseil municipal pour les communes urbaines, conseil communal pour les communes rurales) et d’un bureau exécutif.
    b) La région
    D’après la loi 2004-001 du 17 juin 2004, Madagascar est subdivisé en 22 régions. Se définissant comme étant une collectivité publique à vocation économique et social, la région dirige, dynamise, coordonne et harmonise le développement économique et social de l’ensemble de son territoire. Elle assure la planification, l’aménagement du territoire et la mise en œuvre des actions de
    développement.
    La région est à la fois une Collectivité Territoriale Décentralisée et une circonscription administrative. En tant que Collectivité Décentralisée, elle dispose de la personnalité morale, de l’autonomie financière, et s’administre par des conseils régionaux. En tant que circonscription administrative, elle regroupe
    l’ensemble des services déconcentrés de l’Etat au niveau régional.
    La Région Analanjirofo est dirigée par le Chef de région qui représente l’Etat dans sac) Les districts
    Le Décret n° 2005-012 du 11 janvier 2005, modifié et complété par le Décret n° 2007-720 du 25 juillet 2007 et le Décret n° 2008-869 du 11 septembre 2008 portant création des districts et arrondissements stipule que le district est une circonscription administrative relevant de la région dont les limites territoriales coïncident avec celles des anciennes sous préfectures, ex. fivondronam-pokontany. Il comprend un ou plusieurs arrondissements administratifs. Les Chefs districts sont nommés par voie de Décret du Premier ministre, tandis que leurs Adjoints sont nommés par arrêté du Ministre de l’Intérieur.
    d) Les communes
    La commune est une collectivité décentralisée de base au même titre que la région. Elle est une collectivité locale de droit public dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière et administrative. Ses organes, le maire et les conseillers sont élus au suffrage universel direct et administrent librement la commune.
    e) Les fokontany
    Le fokontany est une subdivision administrative de base au niveau de la commune. Le comité du fokontany dirigé par son Président est l’auxiliaire du chef d’arrondissement, dans ses attributions administratives et fiscales. Les habitants du fokontany constituent le «fokonolona». Le fokontany, selon l’importance des agglomérations, comprend des hameaux, villages, secteurs ou quartiers.
  • Découpage Administratif      

La Région Analanjirofo comprend 6 districts avec 32 arrondissements administratifs. 63 communes
composent la région, avec 811 fokontany.
Les districts de la région sont composés de 10 communes en moyenne avec un maximum de 18 communes pour le district de Maroantsetra et une (1) commune seulement pour Sainte-Marie. Chaque district possède en moyenne 134 fokontany ; le district de Fenerive-Est disposant du nombre maximum avec 211 fokontany, suivi par Mananara avec 207 fokontany, Maroantsetra 161, Vavatenina 110 et Soanierana Ivongo 105. Le nombre minimum de fokontany revient au district de Sainte-Marie avec 17 fokontany.
Tableau 4 : Découpage administratif et territorial de la région

Unité : Nb

District

Nombre des communes

Nombre des Fokontany

Fenerive-Est

12

211

Mananara

14

207

Maroantsetra

18

161

Sainte-Marie

1

17

Soanierana Ivongo

8

105

Vavatenina

10

110

Total région

63

811

Source: VPEI/CREAM/Monographie 2009+ Région Analanjirofo, atelier validation)

  • Les services techniques déconcentrés        

Les services techniques déconcentrés sont les représentants des ministères du gouvernement central au niveau régional. Ils ont pour mission de mettre en œuvre la politique de leurs ministères respectifs. Ils assurent la fonction de relais du ministère central à un niveau plus rapproché de ses administrés. Ils rendent comptent au ministère du niveau central sur l’exécution de leur mission au niveau régional.
Liste nominative des services techniques déconcentrés dans la Région Analanjirofo:
1. Service Régional de la Solde et des Pensions
2. Trésorerie Générale
3. Direction Régionale de l’Economie (DRE)
4. Direction Régionale du Tourisme et de l’Artisanat (DIRTA)
5. Direction Régionale du Commerce (DRC)
6. Direction Régionale du Développement Rural
7. Direction Régionale de la Pêche et Ressources Halieutiques (DRP)
8. Direction Régionale de l’Environnement et des Forêts
9. Direction Régionale de l’Eau
10. Direction Régionale des Travaux Publics et de la Météorologie
11. Service Régional des Domaines et de la Propriété Foncière
12. Service Régional de la Topographie (SRTOPO)
13. Direction Régionale de la Santé Publique (DRSP)
14. Centre Hospitalier de Référence Régional (CHRR)
15. Direction Régionale de la Jeunesse et des Loisirs
16. Direction Régionale de la population et des affaires sociales
17. Service régional de contrôle financier
18. Service régional de l’exécution budgétaire
19. Maison de sureté
20. Direction régionale de la fonction publique, des lois sociales
21. Centre fiscal
22. Direction Régionale des Sports
23. Direction Régionale de la Culture
24. Direction Régionale de l’Education Nationale (DREN)
25. Brigade régionale de la Police Nationale
26. Groupement de la Gendarmerie Nationale
27. Corps de protection civile/BLIG (Brigade Légère d’Intervention Génie)
28. Compagnie 315

Graphique 1. Organigramme de la région

organigramme-analanjirofo