Androy

Le cadre physique et administratif

Cadre physique

  • Localisation géographique

Située au Sud Ouest de Madagascar, la Région Androy se trouve dans l’extrême sud de Madagascar. Elle occupe le territoire compris entre les fleuves du Mandrare à l’Est et de Menarandra à l’ouest. Elle est limitée au nord par les contreforts montagneux des Hautes Terres Méridionales Bara et au Sud par l’Océan Indien et le Canal de Mozambique.

Son chef lieu de région est Ambovombe qui se trouve à 1000 km environ de la capitale de Madagascar. Les autres districts qui la composent sont les suivants : Bekily, Beloha et Tsihombe. Elle est limitée à l’Est et au Nord par la Région d’Anosy, par respectivement les Districts d’Amboasary Atsimo et de Betroka, à l’Ouest par la Région d’Atsimo- Andrefana avec le District d’Ampanihy. Elle est composée de 51 communes avec 881 Fokontany.

Elle est limitée par les coordonnées géographiques suivantes :

  • latitude : entre 24°13’ et 25°24’ Sud
  • longitude : entre 45°20’ et 46°26’ Est

Elle couvre une superficie de 19538 km2, ce qui représente 3,33%de la superficie totale de Madagascar.

Tableau 1:Superficie des districts dans la Région Androy

Unité: km2

District

Superficie en km2

Ambovombe Androy

6 617

Bekily

5 575

Beloha

6 789

Tsihombe

3 316

Ensemble de la Région

22 297

Source : MEI/CREAM/Monographie 2009

 

  • Relief

Dans sa partie Nord limitée par les contreforts montagneux des Hautes Terres méridionales Bara, la région de l’Androy est montagneuse avec des altitudes entre 1 046 et 1 190 m près de Beraketa, à l’extrémité Ouest de la chaîne Ivakoana en forme de fer à cheval (rebord Manambien). Au Sud de la couronne formée par cette chaîne, sa partie centrale dont l’altitude décroît du Nord au Sud, est formée d’une vaste étendue aplanie (plateaux et pénéplaines de 300 à 600 m d’altitude) d’où émergent des reliefs isolés en inselbergs : elle est limitée à l’Ouest par le fleuve Menarandra et à l’est par le fleuve Mandrare. Traversé par ce fleuve dans la zone à l’est d’Antanimora-Atsimo, la partie occidentale du massif volcanique de l’Androy se trouve incluse dans la région et présente deux points culminants : Manandavenoka à 504 m et Tsitsira à 820 m.

Dans la partie méridionale de la région dont l’altitude varie entre 150 et 250 m, de vastes zones sableuses encadrent les deux bassins sédimentaires d’Ambovombe et de Beloha, isolés de la mer par le plateau grés-calcaire de Karimbola. La limite Sud du littoral y est formée par une haute falaise surplombant l’Océan Indien et les bourrelets dunaires en bord de mer.

Les eaux souterraines

Les aquifères existent aussi bien au niveau du socle cristallin et du massif volcanique
d’Androy que dans les terrains sédimentaires où leur minéralisation et leur profondeur sont très variable selon leurs localisations.

Au niveau du socle, les aquifères sont captés dans les fissures et fractures de la roche saine où pour des raisons de profondeur d’accès à l’eau et la présence de reliefs, seuls les forages au niveau de la pénéplaine située à l’Ouest de la route RN 13 sont envisageables : cas des alentours d’Antanimora, au Nord d’Ambovombe où certains d’entre eux recoupent des venues d’eau salée et dont les débits sont généralement inférieurs à 5m³/h.

Dans le sédimentaire, la région comporte plusieurs types d’aquifères dont :

  • les aquifères alluviaux des rivières parmi lesquels celui des alluvions d’anciens méandres du cours inférieur du Menarandra près d’Ampotaka où l’eau est douce et celui du sous-écoulement du Manambovo à Tsihombe ;
  • les aquifères des cordons dunaires littoraux parmi lesquels ceux entre Ambovombe et Marovato (Tsihombe) où le débit est toujours faible (de 1 à 10 m³/h), la profondeur variant de 15 à 100 m et les eaux sont chargées (de 2 à 5 g/litre) lorsque l’aquifère est capté à proximité de la mer ;
  • les aquifères perchés des plateaux et de sables blancs avec soubassement d’argile (Karimbola, Beloha, Laparoy, Ambondro, Ambovombe) qui sont toujours limités et mal alimentés, à une profondeur variant entre 40 et 200 m et à débit pouvant être inférieur à 1 m³/h.

La sévérité du climat et la situation hydrologique de l’Androy constituent l’un des principaux problèmes environnementaux persistant qui a toujours eu une répercussion directe tant sur les rythmes et les types d’activités socioéconomiques des populations que sur la nature et la répartition des éléments de sa biodiversité continentale.

  • Hydrologie        
  1. Les eaux de surface

Fleuves et rivières : la région de l’Androy est drainée par trois grands fleuves issus du socle cristallin qui s’écoulent selon une direction globale Nord-Sud : Menarandra, Manambovo et Mandrare.

  • Le Menarandra : prend naissance à l’Ouest d’Isoanala, situé à environ 45 km au Nord de Beraketa, dans le massif du Tsikoriry vers 800 m d’altitude. S’écoulant du Nord-Est vers le Sud-Ouest, il reçoit en rive gauche au niveau de Bekily, la Manantanana et, 30 km plus au Sud, la Menakompy. Il passe par Tranoroa et longe ensuite les limites Ouest des communes de Beloha et Marolinta jusqu’à son embouchure. D’une longueur totale de 270 km, dont 180 km traversant la région, le Menarandra draine un bassin versant d’une superficie de 8 350 km² et peut rester à sec pendant 5 mois sur 12. Ses nombreux petits affluents ne coulent que pendant la saison des pluies, seul son principal affluent, la Menakompy, conserve plus ou moins un écoulement permanent toute l’année.
  • Le Manambovo : d’une longueur totale de 165 km, prend sa source à 40 km au Nord d’Antanimora dans la zone Ouest d’Andalatanosy vers 400 à 500 m d’altitude. Ses principaux affluents de la rive droite prennent aussi naissance dans la même zone : Andriambarotra, Sakavola et Andranomiteraka, tandis que la Lalany le rejoint plus au Sud. Le Menarandra qui draine un bassin versant de 4 450 km², s’écoule globalement depuis sa source selon une direction Nord-Sud avant de bifurquer Sud-Est au niveau de Tsihombe jusqu’à la mer. Pendant sept à huit mois, ces cours d’eau n’ont pas d‘écoulement superficiel.
  • Le Mandrare, à partir de Ranomainty, et son affluent l’Andratina, traversant les zones Est de Beraketa et Imanombo, longent la partie orientale de la région selon une direction globalement Nord-Sud jusqu’à la mer. Plusieurs petits affluents de la rive droite du Mandrare qui prennent naissance dans le Nord du district d’Ambovombe, s’écoulent globalement d’Ouest en Est : Sakamahasoa, Ikonda, Besatra, Bemanda et Ikoroma. Ils drainent les eaux de pluies et sont pour la plupart à sec pendant la saison sèche.

Tous ces grands fleuves ne sont pas pérennes et sont réduits à un écoulement de surface quasi-nul à très faible en saison sèche (Mai à Septembre). Cependant, des sous-écoulements notables peuvent être observés en étiage. Leurs affluents n’ont d’écoulement superficiel que pendant une courte période de la saison des pluies. Et dans la zone cristalline, plusieurs petits cours d’eau ayant les caractères d’un oued sont temporaires : à sec pendant la majorité de l’année mais pouvant être inondés le temps d’un orage.

Lacs : A part le lac salé d’Ihodo et celui de Sihanapotsy (district de Tsihombe) ou le lac d’eau douce Imonto (commune Imongy), les lacs de quelque importance n’existent pratiquement pas dans la région : seules des mares périodiques et les « ranovato » y sont présentes.

  • Pédologie       

D’une façon générale, les sols de la région sont particulièrement pauvres, peu ou pas humifères et fragiles mais restent tout de même très cultivés.

– Dans les parties méridionales de la région, les sols ferrugineux tropicaux formés sur roches métamorphiques et couvrant de vastes surfaces, sont le plus souvent des sols peu ou non évolués à tendance squelettique, d’une faible valeur agricole et pastorale :

  • sur l’étroite bande côtière allant de l’embouchure de la Menarandra, en passant par Cap Sainte-Marie (Tanjona Vohimena) et Faux Cap (Betanty), jusqu’à proximité d’Antaritarika au Sud-Est de Tsihombe : des sols peu évolués formés en grande partie par des sols sableux issus de l’érosion éolienne de dunes récentes ou anciennes et de colluvions sableuses calcaires ;
  • au Nord de cette bande côtière jusqu’au cours inférieur de la rivière Manambovo, le plateau Karimbola : sols rouges sableux sur grès calcaires quaternaires ;
  • a l’Ouest de ce plateau, en passant par tout le Sud des zones d’Ambondro et d’Ambovombe jusqu’à l’embouchure de la Mandrare : un complexe de sols sableux dunaires et de sols jaunes ferrugineux ;
  • vers l’intérieur des terres au Nord du plateau Karimbola: un complexe de sols rouges peu humifères, de sols jaunes sableux, de sables blancs ou beiges d’origine complexe, de sols gris sablo-argileux sur gneiss et de sols à séries métamorphiques peu ou non évolués.

Sur les zones cristallines tout au Nord de Tsihombe et d’Ambovombe en passant par celles de Bekily, de Beraketa et d’Antanimora : le même complexe de sols que précédemment sauf que les zones au Nord d’Ambovombe présentent aussi des sols rouges sableux sur grès calcaires et leurs parties orientales bordant la Mandrare un complexe de grès ferrugineux, de sols rouges sableux sur grès calcaires et de sables.

– Les sols de la partie centrale, à l’Est d’Antanimora et remontant au Nord vers Imanombo, sont des sols d’érosion ou squelettiques, basaltiques et rhyolitiques, du massif volcanique crétacé de l’Androy.

– Le long du fleuve Mandrare est formé de sols alluviaux non calcaires, récents et peu évolués, tandis que celui de la rivière Menarandra est constitué d’alluvions récentes mais calcaires et plus ou moins hydromorphes, ainsi que de colluvions sableuses calcaires.

  • Géologie        

Le socle cristallin caractérisé par des faciès granulites apparaît en affleurement dans la partie Nord de la région de l’Androy. Il réunit des couches de diverses roches à dominance ultra- métamorphique caractérisées par des gneiss (à sillimanite, à cordiérite, à grenat, à divers types de mica), des quartzites (à grenat, à magnétite, à sillimanite ou à graphite), des marbres et des pyroxénites à micas, etc.

Sa partie au Nord-Est et à l’Est est recouverte par les basaltes et rhyolites du massif volcanique crétacé de l’Androy dont le grand axe d’une longueur de 80 km environ est orienté Nord-Sud, la zone orientale du massif est incluse dans le district d’Amboasary. La partie centrale et méridionale de la région est recouverte par des formations sédimentaires quaternaires et du pliocène continental (fin tertiaire) qui reposent sur le socle cristallin : grès calcaires, sables marins et dunaires, grès argileux, marnes et sables argileux. Dans les lits et le long des fleuves (Mandrare et Menarandra) se sont déposées des alluvions récentes de sables et de limons épaisses.

  • Formation Végétale      

Du point de vue environnemental, la région de l’Androy est très riche en biodiversité. Elle fait partie du réseau de formation forestière unique au monde les « fourrés d’épineux ». Cette formation est marquée par la dominance du Roy (Mimosa delicatula) qui a donné son nom à la région et à son peuple l’Androy et les AntAndroy. Ces fourrés sont classés parmi les écosystèmes les plus riches au monde avec des faunes et flores uniques. Elles abritent des espèces les plus connues à Madagascar à savoir : le Maki et le Sifaka, lémuriens (Lémur catta, et Propithecus v. verrauxi), les tortues terrestres

(Geochelone radiata, Pyxis arachnoïdes) et plusieurs espèces d’oiseaux, de reptiles et d’amphibiens qui sont uniques à cette région. Par ailleurs, il faut aussi noter la présence de forêts galeries le long des cours d’eau, la présence de l’Alafohy forêts naines constituées de bonzaïs naturels.

Toutes ces formations forestières sont également des sources de matières premières pour la pharmacopée traditionnelle et les produits naturelles à usage multiple. Nul n’ignore les renommées du Trongatse/Vonenina/Pervenche de Madagascar (Catharentus roseus) qui est endémique de cette région et qui a permis au monde entier de traiter la leucémie surtout des enfants. Les Fatsiolitse qui fournissent des bois de construction et d’énergie domestique. Les Raketa qui offrent des fruits délicieux et désaltérant, dont les feuilles sont utilisées pour l’alimentation animale, le bois pour l’énergie domestique. Le Jatropha mahafalensis qui a les mêmes potentialités que son confrère le mieux connu le Jatropha curcas.
Les fourres à didieracees et euphorbes de l’Androy
Il est caractérisé par une hauteur variable d’espèces de 2 m de haut jusqu’aux petits arbres de 3 à 4 m.

La plus connue des euphorbes est l’Euphorbia Stenoc1ada (famata) : elle a une grande importance en cas de grande sécheresse; elle est utilisée comme substitut de boisson pour les zébus. Ensuite, on peut citer les espèces appartenant à la famille des didieracees : Didiera, Alluaudia procera (fantsilitsé) utilisé pour la construction et comme bois de caisserie. Au sein de cette formation, on rencontre des baobabs comme Andasoina Za et Fony, Aise Suzannae (8 à 10 m de hauteur), Pachypodium (Apocynacies) à troncs très charnus et gorgés d’eau. L’arbre tout entier est recouvert d’épines.

La savane

Vers le Nord (Androy cristalline), on rencontre une savane arbustive à base de Poupartia caffra (Sakoa), à côté duquel est toujours associé Flacourtia indica (Lamoty) et le Celastrus linéaris (Tsingilofilo). La plaine côtière est couverte de végétations à base de Stenotaphrum et d’Exonepus. Ce sont des savanes et steppes à Aristide.

Les pâturages

Les clairières du plateau du Karimbola sont occupées par Celastrus linéaris tandis que sur le plateau de Tsivory, l’Heteropogon contortus domine. Lorsqu’il y a surpâturage, Eragrostis tenella, Aristide Sp restent.Les montagnes de l’Ivakoana et du Centre-Sud sont complètement dénudées, car ravagées annuellement par les feux de brousse.

Les forêts

L’Androy Cristalline et la moitié Nord de la sous préfecture d’Amboasary se caractérisent par les feux de brousse annuels avant la saison des pluies (septembre à novembre). On y constate un défrichement systématique, par suite de la pression démographique et du surpâturage ainsi que l’approvisionnement des villes en charbon. La couverture végétale est constituée par des savanes arbustives et herbeuses à base de Poupartia Caffta (Sakoa), Tamarindus (Killy), Celastrus linéaris (Tsingilofilo), Flacourtia indica (Lamoty), Stéréospermum variabile (Mangarahara), Dicona incona (Peha), Hyphaene shattom (Satrana). Les pâturages sont à base de Heteropogon contortus (Danga ou Ahidambo), Hyparrhenia rufa (Vero), dans les zones hydromorphes, Eragrostis tenella (Ahipotsy). Androy sédimentaire est couvert par des fourrés à Euphorbes et Didieracees, cactacées, pâturage à Cenchrus et Eragrostis.

  • Climatologie      

Appartenant au domaine sub-aride du Sud de Madagascar, la Région Androy est soumise à un climat de type tropical semi-aride à aride avec deux saisons tranchées : saison humide (été) et saison sèche (hiver).

L’aridité croît du Nord et Nord-Est au Sud et Sud-Ouest de la région et se traduit dans les changements des paysages végétaux et des sols. Cette aridité est amplifiée par des températures toujours élevées et par des vents forts, persistants et desséchants, plus particulièrement sur la frange côtière méridionale de la région (Tsiok’Atimo).
a) Température

Le climat reste chaud dans toute la région avec des moyennes annuelles oscillant entre 23 °C
(Ambovombe et Faux-Cap) et 24 °C (Beloha et Tsihombe), l’hiver est doux (19°à20 °C) sauf au voisinage des secteurs montagneux du Nord-Est où l’altitude atténue quelque peu les températures et l’été atteint des moyennes de 26°-27 °C.

Les variations thermiques de mois en mois restent faibles, avec Janvier ouFévrier comme le mois le plus chaud (Beloha : 28 °C ; Ambovombe : 26°4 C ; Faux-Cap : 21°4 C) et Juillet le mois le plus frais  (Beloha : 15°3 C ; Ambovombe : 18°5 C ; Faux-Cap : 12°2 C en août). C’est dans l’intérieur que les maxima moyens atteignent leur plus forte valeur en été (novembre à mars), la côte étant un peu moins chaude que l’intérieur. Les températures assez basses sont enregistrées pendant la saison fraîche (mai à septembre), la moyenne des minima du mois le plus froid (Juillet) pouvant descendre en deçà de 12 °C, en particulier dans les secteurs élevés au Nord de la région.

  1. b) Pluviométrie

La région apparaît comme un pays très sec où les quantités d’eau reçues mensuellement et annuellement restent très faibles et très irrégulières. A partir de l’extrême Sud-Ouest au niveau de la frange côtière du plateau Karimbola, zone la plus aride, la moyenne des pluviosités annuelles augmente vers le Nord-Est et de la côte vers l’intérieur (Beloha : 352,8 mm, Tsihombe : 429,9 mm, Ambovombe : 536,5 mm et Bekily 68 mm pour la période 1992-1997). Et globalement, cette pluviosité décroît du Nord vers le Sud de la région bien que des nuances soient observées suivant la localisation des secteurs et les accidents du relief (vallées, cuvettes, escarpements, massifs). C’est ainsi que les secteurs élevés près de Beraketa dans le district de Bekily ont des pluies annuelles plus copieuses. Par ailleurs, les variations interannuelles des pluies pour un même mois peuvent aller du simple au quintuple selon les localités, ce qui dénote des perturbations assez nettes dues aux effets du changement climatique.
A une longue saison sèche (7 à 9 mois), succède une brève saison des pluies parfois aléatoire, souvent très irrégulière et toujours pauvre en précipitations. Etant très mal réparties dans l’année, 70 % à plus de 90 % des pluies annuelles tombent normalement pendant la saison humide ou estivale, de novembre à mars, mais surtout entre décembre et février, janvier étant souvent le mois le plus arrosé.

La période hivernale, de mai à septembre mais pouvant s’étendre jusqu’en octobre, est remarquablement sèche, juillet ou août étant souvent les mois enregistrant les minima de quantité d’eau reçue.

  • Sauvegarde de l’environnement      

L’ensemble des formations forestières naturelles de la région, constituées par des fourrés xérophiles, forêts denses sèches caducifoliées et forêts ripicoles, couvrait 399 704 ha en 2005, soit 21 % environ de la superficie totale de la région, alors qu’en 1994, la couverture forestière a été évaluée à 419 628 ha soit 22,4 % environ du territoire : elle avait ainsi régressé de 19 924 ha (Tableau 5). Et, les taux annuels de déforestation pendant la période 1990-2000 et la période 2000-2005 sont sensiblement les mêmes, 0,66 % et 0,62 %, si pour l’ensemble de Madagascar le taux annuel de déforestation a nettement baissé entre ces deux mêmes périodes, 0,82 % à 0,55 %.

Si les pressions semblent inexistantes sur les forêts ripicoles, les formations primaires et dégradées de forêt dense sèche et de fourré xérophile sont partout très affectées par la déforestation sauf dans le district de Bekily.

Les ressources forestières sont inégalement réparties entre les districts et, ramenées en terme de taux de boisement, ceux qui en disposent le plus sont : Tsihombe et Beloha.
La région de l’Androy se distingue par la présence et la particularité des forêts denses sèches et des fourrés xérophiles dans l’extrême Sud de Madagascar dont l’ensemble est appelé aussi forêts d’épineux. Constituant 95,5 % du couvert forestier en 2005 (381 803 ha), leurs superficies ne couvrent que 20,65 % de la région et la faiblesse relative de leurs étendues dans la plupart des districts constitue un réel handicap pour leur conservation face aux pressions anthropiques.
Tableau 2 . Taux de boisement dans la Région Androy

Unité : ha, %

District

Superficie (*) (ha)

Couverture Forestière (ha)

 % Boisement

Beloha

466 700

170 979

36,64

Tsihombe

249 900

126 584

50,65

Ambovombe

661 700

90 518

13,68

Bekily

557 500

11 623

 2,08

Région

 1 935 800

399 704

 20,65 %

Source : ONE, 2005

Les forêts d’épineux à lente croissance et régénération naturelle subissent de fortes pressions générées par les diverses activités anthropiques. Les principales menaces sont : le défrichement, les feux de végétation, les besoins croissants en bois de construction et d’énergie, l’accès au foncier et l’extension des terrains de culture, les pâturages en forêts pour le cheptel bovin et caprin, les prélèvements illicites d’espèces endémiques d’importance commerciale sur le marché international, etc.

La région abrite un site de forêts naturelles à vocation de conservation, la Réserve Spéciale de Cap Sainte Marie localisée dans la  commune de Marovato, district de Tsihombe qui occupe 28 255 ha.

D’après les données recueillies auprès des services de forêts durant l’enquête monographique du CREAM en 2009, le district d’Ambovombe Androy enregistre une superficie de 847 938 ha de forêts. En 2008, ce dernier a pu protéger 133 529 ha de ces forêts. Quant à la superficie détruite, aucune donnée n’a été transmise. Pour les trois autres districts aucune donnée n’a pu être transmise.

Réponse locale à la sauvegarde de l’environnement

Le projet Ala Maiky de WWF en décembre 2002 vise à accroitre l’étendue de forêts à vocation de conservation dans l’écorégion de forêts d’épineux de Madagascar dont la région de l’Androy.

A ce titre, la région est le seul endroit au monde abritant l’Alafohy (forêt naine constituée de formation de bonzaï) établie naturellement ainsi que des œufs fossiles d’aepyornis.
Par ailleurs, des complexes de conservation de forêts intéressent la région :

  • le complexe Tranovaho Tsinava, Cap-Sainte Marie, Bereny est situé dans l’extrême Sud de Madagascar : il couvre une superficie de 53 000 hectares d’habitat de type bas fourré sur calcaire ;
  • le complexe Ambanisarika Ambohimalaza Antanimora Jafaro qui vise à capturer 90 000 ha de type d’habitat fourré sur sol non calcaire ;
  • deux autres complexes doivent faire l’objet de priorisation à savoir : le complexe Nord Est de Tsihombe et celui de Tranoroa Beloha forêt d’Ivango.

D’après les données recueillies auprès des services de forêts durant l’enquête monographique du CREAM en 2009, la réponse de la région face aux problèmes de feu de brousse est faible car la superficie reboisée en 2008 était seulement de 200 ha dans le district d’Ambovombe, une superficie qui représente 6,66 % seulement des superficies détruites qui est de l’ordre de 3 000 ha. Aucune donnée n’a pu être recueillie pour les 3 autres districts.
Selon le Tableau de bord environnemental élaboré en 2008 : les problématiques environnementales de la région sont concentrées sur trois axes principaux, à savoir : la perte de la biodiversité, la dégradation des ressources marines et côtières, l’exploitation irrationnelle de ressources naturelles (tortues), la déforestation, la désertification et érosion du sol.

  • Par ailleurs, les problèmes environnementaux suivants sont rencontrés dans la région :

– par rapport au sol et à la couverture végétale ;

– dégradation des forêts denses sèches ;

– dégradation des sols ;

– défrichement ;

– ensablement ;

– problèmes des Valala (fréquence et superficie affectée) ;

– pressions biologiques ;

– surexploitation des ressources naturelles (forestières, halieutiques…) ;

– besoins de bois d’œuvre, bois d’énergie, bois pour les clôtures…

– utilisation des pesticides et de laro (quantité et fréquences des maladies causées par leurutilisation)

– dégradation et insuffisance des infrastructures agricoles ;

– dégradation des paysages ;

– feux de brousse ;

– extension de l’agriculture au détriment de la forêt ;

– pression / bois d’énergie ;

– conséquences environnementales de l’exploitation minière.

  • Par rapport au littoral :

– phénomène de la migration, à cause des conditions de vie liées à la pauvreté ;
– non-respect des conventions sociales établies pour la conservation des ressources naturelles ;
– sédimentation ;

– pollutions le long des plages ;

– absence de textes spécifiques à la gestion et la protection des récifs.

  • Par rapport aux eaux continentales

– gestion/Insuffisance de l’eau ;

– pollution ;

– gestion des eaux usées.

  • Par rapport au climat :

– désertification des plateaux calcaires ;

– avancement des dunes ;

– environnement urbain ;

– infrastructures de voirie ;

– insuffisance des aires de récréation ;

– des zones inondables.

  • Par rapport à l’indicateur socio- économique :

– analphabétisme ;

– insécurité (conséquences indirectes).

Les problèmes environnementaux qui caractérisent la Région Androy sont :

  • Menace de disparition des plantes endémiques : 90 à 95 % des plantes dans les forêts épineuses sont endémiques à Madagascar, mais sont soumis à de fortes pressions anthropiques, un grand nombre de ces espèces sont menacées de disparition si bien que plusieurs d’entre elles sont dotées de statuts de protection et mesures de conservation au niveau national et sur le plan international.
  • Menace de disparition de la faune : Les divers types d’habitats forestiers accueillent une faune terrestre diversifiée et particulière à l’écorégion de forêts sèches du Sud. Une grande majorité des espèces connues, notamment chez les Vertébrés, sont endémiques tels la tortue radiée et le lémurien Lémur catta. Ces espèces endémiques sont menacées de disparition si bien que plusieurs d’entre elles sont dotées de statuts de protection et mesures de conservation au niveau national et sur le plan international.

Les principales menaces affectant la faune terrestre sont essentiellement la déforestation, les feux de végétation, la destruction des habitats, l’extension des zones de cultures ou des terrains pastoraux ainsi que la chasse et l’exploitation illicites pour l’alimentation ou la commercialisation.

  • Menace de disponibilité des ressources en eau douce : la sévérité des étiages et la profondeur des aquifères constituent un grave handicap pour la disponibilité des ressources en eau douce. Elles diminuent les possibilités d’usage de l’eau, de prélèvements et surtout de captage pour les puits et les forages. Elles amoindrissent aussi les capacités de dilution des rejets (rejets domestiques, polluants minéraux et organiques, sous-produits liés à des activités agricoles, industriels et miniers).
  • Menace sur la biodiversité marine et côtière caractérisée par :

– la déforestation en amont et les phénomènes d’érosion dans les bassins versants entrainant l’ensablement et l’envasement des écosystèmes côtiers ;
– le développement de la pêche et de l’aquaculture insuffisamment réglementées ou la surexploitation des espèces à haute valeur commerciale (crevettes, langoustes, holothurie) ;

– les changements climatiques et la désertification ;

– les mouvements et flux sédimentaires avec l’érosion éolienne sur le littoral, en particulier.
L’avancée des dunes vives entrainant l’ensevelissement des champs, habitations, points d’eaux  et végétation forestière.

Cadre Administratif

  • Généralités sur les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) et les services techniques déconcentrés (STD)
  1. Définition d’une Collectivité Territoriale Décentralisée (CTD)

Une collectivité territoriale décentralisée est une portion du territoire national dans laquelle l’ensemble de ses habitants électeurs de nationalité malagasy dirige l’électivité régionale et locale en vue de promouvoir le développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique et

Technologique de sa circonscription. Elle assure, avec le concours de l’Etat, l’aménagement du territoire, la protection de l’environnement, la sécurité publique et l’administration, l’amélioration du cadre de vie ainsi que la préservation de son identité. Elle est dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Les CTD sont dotées de l’assemblée délibérante dénommée conseil (conseil régional pour les régions, conseil municipal pour les communes urbaines, conseil communal pour les communes rurales) et d’un bureau exécutif.

  1. La Région

D’après la loi 2004-001 du 17 juin 2004, Madagascar est subdivisé en 22 régions. Se définit comme étant une collectivité publique à vocation économique et social, la région dirige, dynamise, coordonne et harmonise le développement économique et social de l’ensemble de son territoire. Elle assure la planification, l’aménagement du territoire et la mise en œuvre des actions de développement.

La région est à la fois une Collectivité Territoriale Décentralisée et une circonscription administrative. En tant que Collectivité Décentralisée, elle dispose de la personnalité morale, de l’autonomie financière, et s’administre par des conseils régionaux. En tant que circonscription administrative, elle regroupe l’ensemble des services déconcentrés de l’Etat au niveau régional.

La Région Androy est dirigée par le Chef de Région qui représente l’Etat dans sa circonscription.

  1. Les districts

Le Décret N°2005-012 du 11 Janvier 2005, modifié et complété par le Décret N° 2007-720 du 25 Juillet 2007 et le Décret N°2008-869 du 11 Septembre 2008 portant création des Districts et Arrondissements stipule que le district est une circonscription administrative relevant de la région dont les limites territoriales coïncident avec celles des anciennes sous préfectures, ex. fivondronampokontany. Il comprend un ou plusieurs Arrondissements administratifs. Les Chefs Districts sont nommés par voie de Décret du Premier Ministre, tandis que leurs Adjoints sont nommés par arrêté du Ministre de l’Intérieur.

  1. Les communes

La  commune est une collectivité décentralisée de base au même titre que la région. Elle est une collectivité locale de droit public dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière et administrative. Ses organes, le maire et les conseillers sont élus au suffrage universel direct et administrent librement la  commune.

  1. Les fokontany

Le fokontany est une subdivision administrative de base au niveau de la  commune. Le comité du fokontany dirigé par son Président est l’auxiliaire du chef d’arrondissement, dans ses attributions administratives et fiscales. Les habitants du fokontany constituent le « fokonolona ». Le fokontany, selon l’importance des agglomérations, comprend des hameaux, villages, secteurs ou quartiers.

  • Découpage Administratif

Les districts de la Région Androy sont composés en moyenne de 13 communes avec un maximum de 19 communes pour chacun des districts d’Ambovombe Androy et de Bekily Quant aux fokontany, chaque district possède en moyenne 357 fokontany, le district d’Ambovombe dispose d’un nombre record de 792 fokontany, suivi par Bekily avec 279 fokontany, Beloha 200 et Tsihombe 158.
Tableau 3 . Découpage Administratif et territorial de la Région

Unité: Nb

District

Nombre des communes

Nombre des fokontany

2009

2012

Ambovombe Androy

19

792

583

Bekily

19

279

228

Beloha

6

200

152

Tsihombe

7

158

176

Total

51

1 429

1 139

Source : MEI/CREAM/Monographie 2009

Par rapport à la superficie totale de la Région Androy qui est de 19 538 km2, un fokontany a en moyenne une superficie de 13,67 km2.

  • Les services territoriaux déconcentrés        

Les services territoriaux déconcentrés sont les représentants des Ministères au niveau régional. Ils ont pour mission de mettre en œuvre la politique de leurs Ministères de rattachement respectifs. Ils assurent la fonction de relais du Ministère central à un niveau plus rapproché des administrés. Elles rendent compte au Ministère du niveau central sur l’exécution de leur mission au niveau régional.

Liste nominative des Services Techniques Déconcentrés dans la Région Androy

1 – Groupement de la GN Androy

2 – Délégation Régionale du gouvernement Androy

3 – Tribunal de première instance Ambovombe

4 – Service Régional de la Solde et des Pensions Androy

5 – Direction Régionale du Budget Androy

6 – Poste contrôle financier Androy

7 – Trésorerie Générale Androy

8 – Direction Régionale de l’Economie Androy

9 – Direction Régionale du Tourisme et de l’Artisanat Androy

10 – Direction Régionale du Commerce Androy

11 – Direction Régionale du Développement Rural d’Androy

12 – Direction Régionale de la Pêche Androy

13 – Direction Régionale de l’Environnement, des Eaux et Forêts et du Tourisme Androy

14 – Direction Régionale de l’Environnement et des Forêts Androy

15 – Direction Régionale de l’Eau Androy

16 – Direction Régionale des Travaux Publics et de la Météorologie Androy

17 – Service Régional de Topographie Androy

18 – Direction de la Santé Publique Androy

19 – Service Médico Sanitaire Androy

20 – Service de district de la Santé Publique Ambovombe Androy

21 – Service de district de la Santé Publique Bekily

22 – Service de district de la Santé Publique Beloha

23 – Service de district de la Santé Publique Tsihombe

24 – CHD 1 et CSB du district d’Ambovombe Androy

25 – CHD 1 et CSB du district de Bekily

26 – CHD 1 et CSB du district de Beloha

27 – CHD 1 et CSB du district de Tsihombe

28 – Centre Hospitalier Référence Régionale Androy

29 – Service Médico Sanitaire Androy

30 – Direction Régionale de la Jeunesse et des Loisirs Androy

31 – Direction Régionale de la Population et des Affaires Sociales Androy

32 – Service Régional de la Protection Sociale du Genre, de la Famille et de l’Enfance

33 – Service Régional de la Population et du Développement Social Androy

34 – Service de district de la Population et des Affaires Sociales Ambovombe Androy

35 — Service de district de la Population et des Affaires Sociales Bekily

36 – Service de district de la Population et des Affaires Sociales Beloha

37 Service de district de la Population et des Affaires Sociales Tsihombe

38 Direction Régionale de la Jeunesse, du Sport et de la Culture Androy

39 – Direction Régionale de l’Education Nationale Androy

Graphique 1 : Organigramme globale de la Région Androy

androy-organigram