La population

Etat de la population

Ainsi que l’a précisé la Conférence des Nations-Unies sur la Population, « pour être réalistes, les politiques, les plans et les programmes de développement doivent tenir compte des liens inextricables qui unissent la population, les ressources, l’environnement et le développement ». La population est donc, par ses actions, l’acteur principal d’un développement soutenable et durable. L’étude de son effectif, de sa structure et de ses conditions de vie permet de déterminer sa capacité en termes de ressource humaine et les possibilités de croissances économiques. La connaissance de l’état de la population permet également de connaître les efforts à entreprendre afin de réduire la pauvreté et soutenir le développement.

  • Population totale

Les données collectées pendant l’enquête monographique du CREAM en 2009 ont montré que la part de la population à résider dans la Région Analanjirofo au niveau national est de 4,7 %. Cette proportion est en accord avec la moyenne nationale qui est de 4,5 %. La distribution de la population dans la région est cependant inégale, si le chef-lieu de région Fenerive-Est rassemble près d’un tiers de la population de la région, plus exactement 32,3 %, les districts de Mananara, Maroantsetra, Vavatenina et Soanierana Ivongo abritent respectivement 15,6 %, 19 %, 16,8 % et 14,2 % de la population totale de la région. Sainte-Marie, quand à elle, ne regroupe que 2,1 % de la population. Du fait de cette répartition inégale, la population est ressentie comme une contrainte pour certains districts, comme Mananara, qui a besoin d’une main d’œuvre agricole plus importante lors de la saison des récoltes de vanille en juillet, et surtout des clous de girofle en octobre.

Tableau 5. Structure de la population dans la Région Analanjirofo

Unité : %

District

Part dans la population de la Région Analanjirofo

Part dans la population totale de Madagascar

Fenerive-Est

32,3

1,5

Mananara

15,6

0,7

Maroantsetra

19,0

0,9

Sainte-Marie (Nosy Boraha)

2,1

0,1

Soanierana Ivongo

14,2

0,7

Vavatenina

16,8

0,8

Total

100,0

4,7

Source: VPEI/CREAM/Monographie 2009

Selon les résultats de l’Enquête Périodique auprès des Ménages de 2010 (EPM 2010), un ménage d’Analanjirofo compte en moyenne 4,4 individus, ce qui concorde presque à la moyenne nationale de 4,8 %. La proportion des ménages en milieu rural (4,5 individus) est légèrement supérieure à celle observée en milieu urbain (4 individus). Ces proportions ne s’écartent pas beaucoup des moyennes nationales qui sont de 4,9 individus en milieu rural et 4,5 individus en milieu urbain.

Tableau 6. Taille moyenne des ménages selon les milieux de résidence

Unité : Individu

Urbain

Rural

Ensemble

Analanjirofo

4,0

4,5

4,4

Madagascar

4,5

4,9

4,8

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

Composition et caractéristiques démographiques de la population

  • Répartition par milieu (urbain, rural) de la population

A l’instar de la répartition au niveau national, les données de l’EPM 2010 montrent que 81,4 % de la population d’Analanjirofo vivent en milieu rural soit 1,7 points de plus que la moyenne nationale (79,7 %). La part de la population qui vit en milieu urbain est de ce fait très faible (18,6 %) et même inférieure à la moyenne nationale (20,3 %).
Tableau 7. Répartition par milieux de résidence de la population

Unité: %

Urbain

Rural

Total

Analanjirofo

18,6

81,4

100,0

Madagascar

20,3

79,7

100,0

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

  • Répartition par genre de la population

Toujours selon l’EPM 2010, la population malgache est plus de dominante féminine (50,5 %) que masculine (49,5 %). Ainsi, le rapport de masculinité, défini comme étant le nombre d’hommes pour 100 femmes, au niveau national est de 98 %. La Région Analanjirofo reflète encore plus cette disparité puisque le nombre d’hommes au niveau de la région est encore inférieur à la moyenne nationale, soit 94,1 %. Que ce soit en milieu rural ou en milieu urbain, le taux de masculinité de la région est toujours inférieur à la moyenne nationale.

Tableau 8. Rapport de masculinité selon le milieu de résidence

Unité: %

 

Urbain

Rural

Total

Analanjirofo

93,4

94,2

94,1

Madagascar

97,1

98,3

98,0

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

  • Caractéristiques démographiques

Natalité et fécondité

En émettant l’hypothèse que les conditions démographiques, économiques et sociales restent identiques aux conditions actuelles, selon le Rapport principal de l’EDS-IV 2008-2009, une femme d’Analanjirofo âgée de 15 à 49 ans aura, en moyenne, 4,6 enfants au cours de sa vie. Cet indice ne s’éloigne pas de la moyenne nationale de 4,8 enfants pour cette tranche d’âge. Au moment de l’enquête, 6,6 % des femmes de la région ont été enceintes, soit 1,7 point de moins que le taux constaté au niveau national. Le nombre moyen d’enfants nés vivants des femmes de 40 à 49 ans est de 5,7 ; ce qui reste en accord avec la moyenne nationale. L’âge médian des femmes au premier accouchement est de 19,7 ans tandis que le nombre de mois écoulés entre deux accouchements est en moyenne de 34,8 mois. Les adolescentes âgées de 15 à 19 ans qui ont déjà eu une vie féconde sont de 33,8 %, soit 2,1 points de plus que la moyenne nationale.

Tableau 9.Fécondité des femmes âgées de 15 à 49 ans  

Indice Synthétique de fécondité

Pourcentage de femmes enceintes au moment de l’interview

Nombre moyen d’enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans

Age médian à la première naissance

Nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente

Pourcentage d’adolescente de 15 à 19 ans ayant déjà donné des naissances ou qui sont enceintes

Analanjirofo

4,6

6,6 %

5,7

19,7 ans

34,8 mois

33,8 %

Madagascar

4,8

8,3 %

5,5

20,1ans

32,7mois

31,7 %

Source: INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009

Mortalité des enfants

La mortalité est un indicateur important qui détermine, avec la natalité, l’accroissement de la population. Il est du devoir du gouvernement et de la communauté de prendre les mesures nécessaires pour déterminer et réduire les incidences des maladies et de la mortalité. Tout programme de développement devrait donc prendre en compte l’étude de la mortalité. A cet effet, la mortalité infantile qui se réfère au groupe des enfants âgés de 0 à 4 ans révolus constitue un indicateur permettant d’effectuer cette étude étant donné que l’état de santé des enfants réagit très vite aux déficits relatifs à son milieu de vie tels que les mauvaises conditions socio-sanitaires, économiques et environnementales.

Tableau 10.Indicateurs de mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans

Unité: ‰

Mortalité néonatale

Mortalité post néonatale

Mortalité infantile

Mortalité juvénile

Mortalité infantojuvénile

Analanjirofo

20

15

35

23

58

Madagascar urbain

26

19

45

20

63

Madagascar rural

24

31

55

31

84

Source: INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009

Le tableau ci-dessus, issu de l’enquête EDS-IV 2008-2009, montre les niveaux respectifs de mortalité des enfants de moins de 5 ans dans la Région Analanjirofo. Ainsi, sur 1 000 enfants nés pendant la période de 10 ans précédant l’enquête, 58 enfants n’ont pas atteint l’âge de 5 ans. Par ailleurs, 20 nouveau-nés sur 1 000 sont décédés sans même atteindre 1 mois tandis que 15 autres n’auront pas atteints 1 an. Ce qui donne un taux de mortalité infantile (enfants de 0 à 11 mois révolus) de 35 ‰ (pour mille).Quant au taux de mortalité juvénile (enfants de 1 à 4 ans révolus), il est de 23 ‰ (pour mille). En résumé, les conditions socio-économiques individuelles des ménages, en particulier l’alimentation, la nutrition, la prévalence des maladies et des épidémies, ainsi que les conditions communautaires telles que la disponibilité des soins et autres services de pédiatrie, le manque de service de contrôle de la naissance expliquent ces niveaux de mortalités des enfants.

  • Composition ethnique

La population de la région est principalement composée de Betsimisaraka représentant 70 %. Le reste, est composé d’immigrants Betsileo et Merina (marchands ambulants originaires d’Andramasina et de Manjakandriana entre autres). Il y a également des Tsimihety venant de Mandritsara ainsi que des Antandroy du Sud (mains d’œuvres pour les sucreries et les unités industrielles). Toutes les autres tribus de la grande Ile sont présentes dans la région mais à une proportion moindre. En revanche, la population d’origine chinoise très intégrée aux populations locales, est très notable, surtout qu’il s’agit pour la plupart de collecteurs, grossistes et détaillants dans le commerce.

  • Répartition par classe d’âge et par genre de la population active

Les individus économiquement actifs de la région sont en moyenne âgés de 33,2 ans. Au niveau national, ce même indicateur est de 32,1 ans. La proportion de ceux qui sont âgés de moins de 15 ans (âge légal à partir duquel un individu peut exercer des activités classées légères) est de 3,5 %, ce qui est nettement inférieur à la moyenne nationale qui est de 10,1 %. La tranche d’âge des 15 à 64 ans constitue presque entièrement la main d’œuvre économique de la région avec 93,2 %, soit 6,2 points de plus qu’au niveau national. La proportion de séniors (65 ans et plus) en situation de travail qui représentent 3,3 % de la population active avoisine celle du pays.

Tableau 11.Age moyen et répartition par tranche d’âge de la population active

Unités: nombre d’années et %

Age moyen (ans)

Proportion selon la tranche d’âge (%)

05-09

10-14

15-24

25-64

65 et plus

Total

Analanjirofo

33,2

0,5

3

28

65,2

3,3

100,0

Madagascar

32,1

2,9

7,2

27,4

59,6

3,0

100,0

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

Puisque la répartition de la population par genre dans la région fait état d’une proportion sensiblement plus grande de femmes par rapport aux hommes (cf. II-1-2-2 Répartition par genre de la population), il apparaît que la proportion de femmes actives (51,9 %) est aussi supérieure à celle des hommes (48,1%). La situation dans la région se trouve même inversée par rapport à la tendance observée au niveau national.

Graphique 2. Répartition par genre de la population active

analanjirofo_graph1

  • Caractéristiques de la population      
  • Niveau d’instruction

En 2010, 62,9 % des individus âgés de 15 ans et plus de la Région Analanjirofo ont déclaré savoir lire, écrire et faire des calculs arithmétiques simples. Ce taux est inférieur de 8,5 points par rapport à la moyenne nationale, ce qui représente un écart assez important. Une grande disparité est observée entre le milieu rural et le milieu urbain, reflétant la situation au niveau national. C’est le milieu rural qui souffre le plus du manque d’individus alphabétisés puisque le taux de ceux-ci n’est que de 57 %, soit un taux inférieur de 10,8 points par rapport à la moyenne nationale. En milieu urbain, le taux d’alphabétisés de 83,9 % est en accord avec la tendance nationale. Par ailleurs, à l’instar de la situation au niveau national, les hommes sont plus alphabétisés que les femmes. La différence est d’environ 5 points.

Tableau 12. Taux d’alphabétisation des individus âgés de 15 ans et plus, selon le milieu et le genre

Unité:%

Milieu

Genre

Urbain

Rural

Hommes

Femmes

Ensemble

Analanjirofo

83,9

57,0

65,6

60,3

62,9

Madagascar

83,7

67,8

74,9

68,0

71,4

Source: INSTAT/DSM/EPM2010
En ce qui concerne le niveau d’instruction de la population, il s’avère que la situation dans la région est plus critique par rapport à celle constatée au niveau national. En effet, la proportion d’individus qui n’ont bénéficié d’aucune instruction est supérieure de 5,6 points dans la Région Analanjirofo, ce qui lui fait un taux de 42,6 % contre 37 % au niveau national. La part de la population ayant suivie l’école primaire est également inférieure à la moyenne nationale de 5,5 points. Enfin, il y a peu d’habitants qui ont fréquenté les enseignements secondaire et supérieur comme c’est le cas globalement dans tout le pays.

Graphique 3.Répartition de la population âgée de 4 ans et plus selon le niveau d’instruction

analanjirofo_graph2

  • Etat de santé des enfants

Selon l’EDS-IV 2008-2009, un peu plus de 2 enfants sur 3, âgés de 12 à 23 mois, d’Analanjirofo ont reçus tous les vaccins nécessaires correspondant à leur âge. Il reste 4,5 % d’enfants qui n’ont reçus aucun vaccin. Cependant, malgré ce constat de vaccination un peu plus meilleur qu’au niveau national, les maladies qui touchent les enfants âgés de moins de 5 ans restent élevées. Durant la collecte des données, 12 % des enfants ont été atteints de diarrhée et 9,5 % ont présenté des symptômes de fièvre. Seul le syndrome d’Insuffisance Respiratoire Aigu a avoisiné la moyenne nationale. Le climat de la région, à tendance humide, et favorisant ainsi la nidification d’insectes en tous genres de même que l’insalubrité peuvent être à l’origine de cette situation.
Tableau 13. Etat de santé des enfants

Unité: %

Vaccinations des enfants
âgés de 12 à 23 mois

Enfants âgés
de moins de 5 ans

Tous les vaccins

Aucun vaccin

Symptômes d’IRA

Fièvre

Diarrhée

Analanjirofo

67,3

4,5

2,8

9,5

12,0

Madagascar

61,6

13,3

2,9

9,3

8,3

Source: INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009

  • Activité

Le taux d’activité s’obtient par le rapport entre l’effectif de ceux qui travaillent ou recherchent un emploi et l’effectif de ceux âgés de 5 ans et plus. Dans l’ensemble, la Région Analanjirofo présente un taux d’activité inférieur à la moyenne nationale avec une différence de 4,4 points. Le taux d’activité entre le milieu rural et urbain accuse également une disparité en ce sens que les habitants ruraux sont plus actifs que les urbains avec une différence de 5,8 points. Dans les deux cas, les moyennes de la région sont toutes inférieures à celles constatées au niveau national. Le nombre d’hommes et de femmes actifs dans la région est quasiment similaire, avec une proportion un peu plus élevée pour les femmes (59,8 %) que pour les hommes (58,8 %).

Tableau 14. Taux d’activité selon le milieu et selon le genre

Unité:%

Urbain

Rural

Masculin

Féminin

Ensemble

Analanjirofo

54,7

60,5

58,8

59,8

59,3

Madagascar

60,1

64,6

65,0

62,4

63,7

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

Pour rappel, notons que les enfants en dessous de 15 ans n’ont pas légalement le droit de travailler et qu’entre 15 et 17 ans, ils ne peuvent exercer que des travaux légers. D’après l’EPM 2010, l’incidence du travail pour les enfants inférieurs à 18 ans reste inférieure à la moyenne nationale avec une différence de près de 10 points. On remarquera toutefois que le travail des enfants est plus important en milieu rural (15,5 %) qu’en milieu urbain (7,9 %). De même, les filles (15,1 %) se retrouvent un peu plus en situation de travail que les garçons (13,2 %).

Tableau 15. Incidence du travail des enfants (de 5 à 17 ans) selon le milieu de résidence et le genre

 

Unité:%

Milieu de résidence

Sexe

Urbain

Rural

Masculin

Féminin

Ensemble

Analanjirofo

7,9

15,5

13,2

15,1

14,1

Madagascar

17,2

26,5

26,2

23,2

24,7

Source : INSTAT/ DSM / EPM 2010

L’agriculture est le métier majoritairement pratiqué dans la région. Elle est pratiquée par 90 % des femmes et 84,9 % des hommes. Pour les femmes, ce taux est supérieur de 17,3 points au taux national. Il en est de même pour les hommes avec une différence de 11,2 points. Viennent ensuite les activités manuelles qualifiées qui sont plus pratiquées par les hommes (8 %) que les femmes (3,1 %). Les cadres ou techniciens de direction arrivent en troisième place où les hommes représentent une proportion de 4,6 % et les femmes 2,2 %. Les métiers de vente et service ne représentent que 3,9 % des femmes travailleurs et 1,9 % des hommes travailleurs. Les métiers de ventes et services ainsi que de travail manuel non qualifié font partie des catégories de travail les moins représentées dans la région.

Tableau 16. Types d’occupation des travailleurs âgés de 15 à 49 ans

Unité: %

Cadre outechnicien de direction

Employé

Ventes et services

Manuel qualifié

Manuel non qualifié

Agriculture

Manquant

Total

Analanjirofo, femmes âgées de 15 à 49 ans

2,2

0,1

3,9

3,1

0,6

90,0

0,1

100,0

Madagascar, femmes âgées de 15 à 49 ans

3,5

0,5

12,2

6,0

4,6

72,7

0,4

100,0

Analanjirofo, hommes âgés de 15 à 49 ans

4,6

0,0

1,9

8,0

0,1

84,9

0,5

100,0

Madagascar, hommes âgés de 15 à 49 ans

4,5

0,5

6,6

11,2

3,1

73,7

0,4

100,0

Source: INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009

  • Statut de la femme      
  • Emplois et rémunérations des femmes

Selon l’enquête EDS-IV, la majeure partie des femmes actives d’Analanjirofo (52,6 %) ont déclarée gagner moins que leur mari. Une différence de 5 points sépare ainsi la proportion de la région à celle constatée au niveau national. Seules 14,8 % d’entre elles ont déclarées gagner plus. Comparé au niveau national, cette fois-ci, il y a plus de femmes dans la Région Analanjirofo qui gagnent plus que leurs maris, l’écart avoisinant les 7 points. Les femmes gagnant à peu près le même salaire que leurs maris sont de 27,3 % contre 39,1 % au niveau national. Ces résultats ne prennent toutefois pas en compte des postes et types d’emplois occupés par les deux conjoints. Ils traduisent donc, en partie, le statut de la femme dans la région.

Tableau 17. Argent gagné par les femmes comparé à l’argent gagné par leurs maris

Unité: %

Plus

Moins

A peu près le même

Mari/partenaire n’a pas de revenu

Ne sait pas/ manquant

Total

Analanjirofo

14,8

52,6

27,3

0,0

5,2

100,0

Madagascar

8,1

47,6

39,1

1,2

4,1

100,0

Source: INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009
b- Contrôle du revenu des femmes

Le contrôle du revenu est un des principaux indicateurs du degré d’émancipation des femmes. Le tableau suivant décrit le contrôle de revenu pour les femmes en union de 15 à 49 ans. Il apparaît ainsi que dans la Région Analanjirofo, le contrôle du revenu par les femmes est encore faible avec 18,3 % contre 32,6 % au niveau national. Pour une large majorité (74 %), le revenu est conjointement contrôlé par le mari et la femme, ce taux étant de 62,9 % au niveau national. Enfin, 5,3 % d’entre elles voient leur revenu contrôlé par leur mari.

Tableau 18.Contrôle de revenu des femmes par rapport à ceux de son mari

Unité: %

Principalement la femme

Mari/partenaire et femme ensemble

Principalement le mari partenaire

Autre

Manquant

Total

Analanjirofo

18,3

74,0

5,3

0,0

2,4

100,0

Madagascar

32,6

62,9

3,8

0,3

0,5

100,0

Source: INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009
c- Participation des femmes dans la prise des décisions au sein du ménage
Outre le contrôle du revenu, la participation des femmes aux décisions essentielles du ménage constitue également un indicateur permettant de mesurer leur émancipation. Dans la Région Analanjirofo, près de 2 femmes sur 3 ont déclaré participer aux 4 principales décisions évoquées lors de l’EDS-IV de 2008- 2009. Au niveau national, ce taux est un peu plus supérieur à raison d’un peu moins de 3 femmes sur 4. Par ailleurs, près de 5 femmes sur 100 ont dit ne participer à aucune des décisions dans le ménage contre un peu moins de 2 femmes sur 100 au niveau national.

Tableau 19.Participation des femmes dans la prise des décisions au sein du ménage

Unité: %

Soins de santé personnels

Grosses dépenses du ménage

Achats des besoins quotidiens du ménage

Visite à sa propre famille/parents

Pourcentage qui participe aux quatre décisions

Pourcentage qui ne participe à aucune des décisions

Analanjirofo

85,3

80,9

86,2

81,2

66,6

5,4

Madagascar

87,9

85,9

93,7

88,8

72,1

1,7

Source: INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009

Mouvements de la population

La recherche d’une situation économique plus favorable et de sources de revenus constituent actuellement l’une des principales motivations qui pousse un individu ou une communauté à migrer. La globalisation, le développement des transports à moindre coût et l’accès facilité aux moyens de communication permettent une découverte du monde et de ses inégalités socio-économiques sont autant de facteurs qui favorisent les mouvements migratoires. Pour les partenaires du développement, l’étude de ces flux migratoires est importante en ce sens qu’elle permet d’identifier les géographies d’intervention, là où les populations se regroupent, notamment en ville, et là où des contreparties financières et professionnelles peuvent être facilement identifiées. Elle permet aussi aux autorités centrales et locales de réfléchir aux moyens pour limiter les mauvaises répercussions des migrations telles que le manque de ressources humaines ou économiques lorsque les immigrés se déconnectent complètement de leur lieu de départ.

  • Migration interne      

Selon les informations fournies par les enquêtes du CREAM en 2009, le mouvement migratoire n’est pas un phénomène très développé dans la Région Analanjirofo. Dans plus de la moitié des communes, plus précisément 59 %, la migration est classée moyenne. Les communes connaissant un faible mouvement de migration sont d’environ 40 % et elles se trouvent surtout dans les districts de Fenerive-Est et Mananara. Seule une (1) commune de Soanierana Ivongo sur les 63 communes composant la région connaît une forte migration.

Tableau 20. Nombre de communes par district selon l’importance de la migration

Unité: Effectif

District

Forte

Moyenne

Faible

Total

Fenerive-Est

0

1

11

12

Mananara

0

2

12

14

Maroantsetra

0

17

1

18

Sainte-Marie (Nosy Boraha)

0

1

0

1

Soanierana

1

7

0

8

Vavatenina

0

10

0

10

Total

1

37

25

63

Source:MEI/CREAM/Monographie 2009

Concernant la provenance des immigrants, on peut conclure d’après le tableau ci-dessous qu’il s’agit d’une immigration intra-régionale pour les cinq (5) districts (Mananara, Maroantsetra, Sainte-Marie, Soanierana Ivongo et Vavatenina) ayant répondus aux questionnaires.

En effet, pour les premiers lieux de départs cités, les habitants de 13 communes de 4 districts Mananara, Maroantsetra, Sainte-Marie et Vavatenina) de la région ont mentionné que leurs déplacements se sont faits entre les districts. La seconde source de provenance est à l’intérieur même de la égion selon les habitants de 21 communes de ces mêmes districts tandis que les déplacements provenant d’autres régions ou provinces ne viennent qu’en troisième position.

Pour le district de Soanierana Ivongo, la première caractéristique d’immigration de ces habitants semble être de nature interprovinciale.

Tableau 21. Nombre de communes selon les provenances des immigrants à Analanjirofo

Unité: Effectif

Première provenance

Deuxième provenance

Troisième provenance

A l’intérieur du district

13

4

8

A l’intérieur de la région

5

20

4

Autres régions

9

4

16

Autres Provinces

4

2

2

Total

31

30

30

Source: MEI/CREAM/Monographie 2009

  • Immigration      

Le passage par une période de soudure est majoritairement évoqué comme la principale cause d’immigration vers 14 communes de la Région Analanjirofo. Le fait que la région est principalement une zone agricole pourrait expliquer ce phénomène. La découverte d’un nouveau filon ainsi que le manque de terrain arable ne sont que très peu évoqués.

Tableau 22. Nombre de communes selon les causes de l’immigration vers Analanjirofo

Unité: Effectif

Causes de l’immigration

 Nombre de communes

Manque de terrain arable

1

Période de soudure

14

Découverte d’un filon

2

Autres

1

Total

31

Source: MEI/CREAM/Monographie 2009

Habitat

Les caractéristiques du logement du ménage constituent des indicateurs de son bien-être. L’état de santé des membres du ménage particulièrement est conditionné par la superficie, la disponibilité et la salubrité des installations dans le lieu d’habitation. D’autre part, le lieu d’habitation devrait permettre au ménage d’être en sécurité, de se socialiser et de se reposer convenablement. Les données recueillies relatives aux divers indicateurs concernant l’habitat lors des enquêtes de l’EPM 2010 présentées ci-dessous peuvent être considérées comme fiables puisque les enquêteurs ont fait une reconnaissance de visu des réalités sur le terrain en complément des déclarations recueillies auprès des répondants.

Habitation      

A l’instar de la situation au niveau national, une large majorité (91,3 %) des ménages d’Analanjirofo habite dans des maisons individuelles de type traditionnel. Vient ensuite les appartements pour seulement 5 % des ménages. Moins de 2 % des ménages de la région habitent dans des chambres ou des villas de type moderne et aucun dans les studios.

Tableau 23.  Type d’habitations des ménages

Unité : %

Région

Appartement

Studio

Chambre

Maison individuelle de type traditionnel

Villa de type moderne

Autres

Total

Analanjirofo

5,0

0,0

1,6

91,3

0,5

1,5

100,0

Ensemble

4,0

0,6

8,0

85,3

1,6

0,5

100,0

Source : INSTAT/DSM/EPM 2010

  • Caractéristiques des habitats      
  • Type de matériaux du mur extérieur

Les résultats de l’enquête de l’EPM 2010 font état de la précarité des logements des habitants d’Analanjirofo qui sont majoritairement fabriqués à partir d’écorces, de feuilles et de tiges. Environ 3 sur 4 habitations de la région sont fabriqués à partir de ces matériaux. Etant donné les conditions climatiques de la région qui favorisent les cyclones, ces types d’habitation sont exposés à beaucoup de risques. Les maisons fabriquées à partir de planches viennent ensuite en deuxième position avec une proportion de 18,7 %. Lorsqu’au niveau national, les maisons en dur (brique ou pierre) sont de 22,5 % en moyenne, ces types d’habitation sont inexistants à Analanjirofo.
Tableau 24. Type de matériaux des murs extérieurs des habitations

Unité: %

Analanjirofo

Madagascar

Ecorce, feuille, tige

75,8

31,4

Terre battue

0,9

34,5

Planche

18,7

7,0

Contreplaqué

0,0

ns

Tôle ondulée

1,8

1,8

Fût, bidon

0,0

0,1

Pierre

0,0

0,2

Brique

0,0

22,5

Parpaing

0,9

2,2

Autres

1,9

0,3

Total

100,0

100,0

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

  • Type de plancher

Pour 30,3 % des habitations d’Analanjirofo, le bois fait office de plancher, ce taux avoisinant la moyenne nationale de 28,2 %. Toutefois, lorsqu’au niveau national 44,1 % des habitations ont de la terre battue comme plancher, seule près de 1 habitation sur 100 d’Analanjirofo en dispose. Le ciment ou béton est utilisé dans 7,2 % des habitations et la pierre ou la brique que par 0,5 %.

Tableau 25. Type de matériaux du plancher des habitations

Unité: %

Analanjirofo

Madagascar

Terre battue

1,1

44,1

Bois

30,3

28,2

Pierre brique

0,5

0,4

Ciment béton

7,2

18,9

Autres

60,8

8,3

Total

100,0

100,0

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

  • Type de combustible

Les ménages de la Région Analanjirofo dépendent essentiellement de la forêt pour leur cuisson. En effet, soit ils utilisent du bois ramassé (86,2 %), du bois acheté (5,3 %) ou du charbon (7,5 %). Les énergies dites « propres » comme le gaz ou l’électricité ne sont utilisées que par 0,3 % des ménages au total.

Tableau 26. Répartition des ménages selon le principal type de combustible utilisé pour la cuisine

Unité: %

Analanjirofo

Madagascar

Bois ramassé

86,2

77,7

Bois acheté

5,3

4,5

Charbon

7,5

17,1

Gaz

0,1

0,2

Electricité

0,2

0,2

Pétrole

0,0

0,1

Autres

0,7

0,2

Total

100,0

100,0

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

Ainsi, il est plus que nécessaire de procéder à des actions d’éducation environnementale pour un développement durable dans la Région Analanjirofo. En effet rien ne changera sans une appropriation du concept de développement durable par la population. L’éducation environnementale, vecteur privilégié permettant d’intégrer les problèmes liés à l’environnement et au développement au sein d’une culture, constitue ainsi un levier de maturation d’un type de citoyen informé et engagé, apte à résoudre les problèmes par des décisions enrichies par le processus participatif.

Pour plus d’impact, il est préconisé de :

  • renforcer les capacités de la communauté et des institutions en matière d’environnement ;
  • favoriser l’émergence des initiatives institutionnelles, communautaires et villageoises,
  • scolaires en faveur de l’environnement ;
  • renforcer les capacités individuelles des enseignants en matière d’environnement : éco-pédagogie et montage de projets d’écoles ;
  • renforcement les capacités des élèves : épanouissement intellectuel des élèves en matière d’environnement.
  • Sources d’eau à boire, accès à l’électricité et type de toilette

D’après les résultats de l’EPM 2010, l’accès à l’eau potable ainsi qu’à l’électricité sont encore problématiques dans la région. Ainsi, seuls 24,3 % des ménages ont accès à de l’eau contrôlée, ce qui représente un écart d’environ 20 points par rapport à la moyenne nationale. De même, seuls 10,1 % des ménages bénéficient de l’électricité contre 13,3 % au niveau national. Les ménages de la région sont toutefois un peu mieux dotés en installations sanitaires appropriées puisque 59,6 % d’entre eux disposent de latrines ou mieux, alors qu’au niveau national, ce taux est de 39,8 %.

Tableau 27. Taux d’accès à certains biens et services

Unité: %

Eau contrôlée

 Electricité

Latrine ou mieux

Analanjirofo

24,3

10,1

59,6

Madagascar

44,9

13,3

39,8

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

Niveau de vie et pauvreté

  • Possession de bien durable        

La possession de biens durables dans la Région Analanjirofo demeure en majorité inférieure à la moyenne nationale. En effet, sur les 8 biens qui ont fait l’objet d’enquêtes pendant l’EPM 2010, seules la possession de chaises et de machines à coudre sont supérieures aux moyennes nationales avec respectivement 2,3 et 7,7 points d’écart. Après les chaises, le poste de télévision est le deuxième bien durable le plus répandu dans la région avec 30,9 % de taux de possession, mais celui-ci reste encore en dessous de la moyenne nationale d’environ 8 points. De même, la téléphonie mobile n’est pas assez répandue, le taux de possession étant de 14,2 % soit environ 11 points de moins que la moyenne nationale.

Tableau 28. Taux de possession de certains biens

Unité: %

Analanjirofo

Madagascar

Chaises

53,9

51,6

Machines à coudre

17,1

9,4

Radios

9,9

14,9

Radio- cassette

11,1

12,8

Poste TV

30,9

38,7

Bicyclette

12,9

20,5

Téléphones portables

14,2

25,0

Lecteur CD, VCD, DVD, et autre lecteurs

9,8

10,2

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

Encadré 1. Regroupement des individus en quintiles

En considérant une variable dont les valeurs peuvent être ordonnées, on classe par ordre croissant les individus de la population toute entière. On les regroupe alors dans 5 sous ensembles dont le quintile 1 est constitué des 20 % de la population dont les valeurs sont les plus basses. Le quintile 5 contient alors les 20 % dont les valeurs sont les plus élevées. Ce classement permet de diagnostiquer la situation d’une sous population par rapport à d’autres sous populations. Si la sous population est constituée majoritairement par ceux des quintiles inférieurs (respectivement supérieurs), alors on conclut que c’est un sous ensemble plus défavorisé (respectivement plus favorisé) que le reste de la population en référence à la variable considérée. Le classement par quintile, ou plus généralement en percentile pour n groupes, est complémentaire avec la comparaison d’autres indicateurs comme la moyenne, la médiane, la variance… Les quintiles ont moins de sensibilités aux valeurs extrêmes.

 

Tableau 29. Répartition de la population par quintile de bien-être économique

Unité: %

Quintile des plus pauvres

Second quintile

Troisième quintile

Quatrième quintile

Quintile des plus riches

Total

Analanjirofo

8,3

39,8

27,1

19,8

5,1

100,0

Madagascar

20,0

20,0

20,0

20,0

20,0

100,0

Source: INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009

  • Ratio et intensité de la pauvreté

Le ratio de pauvreté utilise l’approche de la consommation afin de déterminer la répartition de la population par rapport au seuil national de pauvreté. Sont ainsi classés pauvres ceux qui ont un niveau de consommations agrégées (alimentaires et non alimentaires) inférieur au seuil national de pauvreté de 468 800 Ar/personne/an. Les résultats de l’EPM 2010 montrent un ratio de pauvreté élevé dans la région à savoir 83,5 %, soit 7 points de plus que la moyenne nationale. C’est en milieu rural que ce taux est le plus élevé avec 89,1 % de la population qui vit en dessous du seuil national de pauvreté.

En ce qui concerne l’intensité de pauvreté qui s’obtient par la moyenne des écarts en pourcentage de consommation des pauvres par rapport au seuil de pauvreté, son niveau à Analanjirofo est de 41,9 % en 2010, soit 7 points de plus que la moyenne nationale. Ce même indicateur est de 45,7 % en milieu rural et 25,6 % en milieu urbain.

Tableau 30. Ratio et intensité de pauvreté selon le milieu en 2010

Unité: %

Indicateurs

Ratio de pauvreté

Intensité de pauvreté

Milieu

Urbain

Rural

Ensemble

Urbain

Rural

Ensemble

Analanjirofo

59,4

89,1

83,5

25,6

45,7

41,9

Madagascar

54,2

82,2

76,5

21,3

38,3

34,9

Source: INSTAT/DSM/ EPM2010

En adoptant une approche collective du niveau de pauvreté, le total des écarts par rapport au seuil de pauvreté de la Région Analanjirofo en 2010 est évalué à 183 milliards d’Ariary. C’est donc la somme minimale nécessaire pour que les niveaux de consommation des pauvres égalisent le seuil de pauvreté.En d’autre terme, c’est le montant nécessaire à transférer aux pauvres pour effacer la pauvreté pendant une année. Ceci n’inclut pas encore les autres montants nécessaires pour la gestion et les frais de distribution de ce montant. Par contre, il rend compte des efforts à entreprendre pour réduire significativement la pauvreté. Ce montant représente 5,5 % du montant global nécessaire au niveau national qui est de 3.298 milliards d’Ariary.

Tableau 31. Totaux des écarts aux seuils de pauvreté Unité: Milliards d’Ariary, au prix de la Capitale et %   

Unité: Milliards d’Ariary, au prix de la Capitale et %

Total des écarts au seuil de pauvreté

part nationale (%)

Analanjirofo

183

5,5

Madagascar

3 298

100,0

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

En ce qui concerne l’inégalité en termes de niveau de consommations agrégées, l’indice de Gini au sein de la population d’Analanjirofo est de l’ordre de 0,391. La répartition par quintiles ainsi que par ratio et intensité de pauvreté que l’on a vue précédemment rendent compte de l’existence de beaucoup d’inégalités sociales dans la région. Il en est de même au niveau national où l’enquête EPM 2010 a rapporté que les inégalités sociales ont augmenté en passant de 0,365 d’indice de Gini en 2005 à 0,403 en 2010. Toutefois, étant donné que l’inégalité au niveau national inclut à la fois les inégalités intra régionales et celle entre les régions, l’indice relevé au niveau national ne peut être comparé à celui d’Analanjirofo.