La population

  1. Etat de la population

La population est le principal acteur d’un développement soutenable et durable. Elle en sera aussi la première bénéficiaire. La connaissance de l’état de la population, de par son effectif, sa structure et ses conditions de vie, aide à mesurer les efforts à entreprendre pour réduire la pauvreté et soutenir le développement. De plus, cet état de la population décrit sa capacité en termes de ressources humaines et de potentialité d’activités économiques locales et régionales.

  • Santé des enfants

Le taux de vaccination des enfants de 12 à 23 mois dans la Région Alaotra Mangoro est en général supérieur à celui de l’ensemble du pays. Ainsi, à 71,3 % des enfants de cette classe d’âge ont été administrés tous les vaccins, si pour Madagascar, cet indicateur est de 61,6 %. De même, 12,9 % des enfants de cette même classe d’âge dans la région n’ont reçu aucun vaccin du tout, contre 13,3 % pour l’ensemble de Madagascar. Néanmoins, les symptômes d’infections respiratoires aigües enregistrés auprès des enfants de moins de 5 ans dans la Région Alaotra Mangoro restent relativement très élevés avec un taux de 6,2 % contre 1,6 % en moyenne dans le pays. Cette situation est probablement due à la dégradation de l’environnement dans cette région, entraînant des perturbations climatiques et plus de pollutions. En ce qui concerne la fièvre, atteignant les enfants de moins de 5 ans, la situation dans la région est presque similaire à celle de l’ensemble du pays avec des taux respectivement de 9,5 % et 9,3 %.

Tableau 14. Taux de vaccination des enfants âgés de 12 à 23 mois dans la Région Alaotra Mangoro

Unité : %

Vaccinations des enfants âgés de 12 à 23 mois

Enfants âgés de moins de 5 ans

Tous les vaccins

Aucun vaccin

Symptôms d’IRA

Fièvre

Diarrhée

Région Alaotra Mangoro

71,3

12,9

6,2

9,5

6,0

Madagascar

61,6

13,3

1,6

9,3

8,3

Source : INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009

  • Statut de la femme
  • Occupation des travailleurs selon le genre

Comme dans tout Madagascar, la majorité de femmes âgées de 15 à 49 ans de la Région Alaotra Mangoro sont agriculteurs bien qu’à un degré un peu moindre. Cette proportion est ainsi de 69,6 % dans la région contre 72,7 % pour le pays. Celle des hommes de la même classe d’âge est de 75,5 %. Cette situation est justifiée par le fait que la Région Alaotra Mangoro constitue l’un des importants
greniers à riz et autres cultures vivrières de Madagascar, donc existence d’un nombre important d’acteurs agricoles.

Tableau 15. Répartition de la population âgée de 15 à 49 ans selon le type d’activité et selon le genre

Unité: %

Cadre ou technicien de direction

Employé

Ventes et services

Manuel qualifié

Manuel non qualifié

Agriculture

Manquant

Total

Alaotra Mangoro, Femmes âgées de 15 à 49 ans

3,2

0,1

17,9

6,0

2,9

69,6

0,4

100,0

Madagascar, femmes âgées de 15 à 49 ans

3,5

0,5

12,2

6,0

4,6

72,7

0,4

100,0

Alaotra Mangoro, Hommes âgés de 15 à 49 ans

3,9

1,5

7,3

8,3

3,4

75,5

0,1

100,0

Madagascar, hommes âgés de 15 à 49 ans

4,5

0,5

6,6

11,2

3,1

73,7

0,4

100,0

Source: INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009
La seconde activité la plus pratiquée par les femmes âgées de 15 à 49 ans dans la région est la vente et les services. Ainsi, 17,9 % de cette catégorie de femmes exercent la vente et les services, si cette
proportion est de 7,3 % pour les hommes de la même catégorie et 12,2 % pour l’ensemble des femmes malgaches, toujours de la même catégorie.

  • Emplois et rémunérations des femmes

La proportion de femmes dont le revenu est inférieur à celui de leur mari est de 62,2 % dans la Région Alaotra Mangoro, contre 47,6 % dans tout Madagascar. Presque une femme de la région sur quatre gagne à peu près le même revenu que leur mari/partenaire. Cette proportion est de 39,1 % pour ­l’ensemble du pays. Une proportion de 0,7 % de femmes de la région subviennent seules aux dépenses des ménages dans la mesure où leur mari/partenaire n’a pas de revenu.
Tableau 16. Argent gagné par les femmes comparées à l’argent gagné par leurs maris

Unité : %

Plus

Moins

A peu près le même

Mari/partenaire n’a pas de revenu

Ne sait pas/manquant

Total

Alaotra Mangoro

11,1

62,2

24,5

0,7

1,4

100,0

Madagascar

8,1

47,6

39,1

1,2

4,1

100,0

Source : INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009

  • Participation des femmes dans la prise de décision au sein du ménage

Une proportion de 68,4 % des femmes de la Région Alaotra Mangoro ont déclaré avoir participé dans la prise de décision concernant les soins de santé, les grosses dépenses du ménage, les achats ­quotidiens du ménage et la visite à sa propre famille ou parents. Cette proportion pour l’ensemble du pays y est inférieure (72,1 %). Par contre, la proportion de femmes qui ne participent à aucune des décisions au sein du ménage est moindre à Alaotra Mangoro (0,2 %) par rapport à celle de l’ensemble de Madagascar, dont la valeur est de 1,7 %. Les décisions les plus fréquemment attribuées à la femme de la région sont les achats des besoins quotidiens de la famille, et concernent 95,4 % des femmes. Presque 9 femmes sur 10 ont déclaré prendre elles-mêmes la décision sur leurs soins de santé personnels.

Tableau 17. Participation des femmes dans la prise des décisions au sein du ménage

Unité : %

Soins de santé personnels

Grosses dépenses du ménage

Achats des besoins quotidiens du ménage

Visite à sa propre famille/parents

Participe aux quatre décisions

Ne participe à aucune des décisions

Alaotra Mangoro

89,9

85,3

95,4

87,4

68,4

0,2

Madagascar

87,9

85,9

93,7

88,8

72,1

1,7

Source: INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009

  • Population totale

La population est le principal acteur d’un développement soutenable et durable. Elle en sera aussi la première bénéficiaire. La connaissance de l’état de la population, de par son effectif, sa structure et ses conditions de vie, aide à mesurer les efforts à entreprendre pour réduire la pauvreté et soutenir le développement. De plus, cet état de la population décrit sa capacité en termes de ressources humaines et de potentialité d’activités économiques locales et régionales.

Tableau 5 : Part des districts dans la population de la Région Alaotra Mangoro et dans la population totale de Madagascar

Unité : %

District

Part de la population dans la région

Part dans la population totale de Madagascar

Ambatondrazaka

28,9

1,5

Amparafaravola

26,1

1,3

Andilamena

9,4

0,4

Anosibe An’Ala

9,0

0,5

Moramanga

26,6

1,2

Région

100,0

4,8

Sources : MEI/CREAM/Monographie 2009

  • Composition et caractéristiques démographique
  • Répartition par milieu (urbain, rural) de la population

Selon les données de l’EPM 2010, la population vivant en milieu urbain représente 16,4 % de la ­population totale de la Région Alaotra Mangoro. La part de la population vivant en milieu rural représente ainsi 83,7 % de la population régionale. Cette proportion dépasse celle de la population nationale, c’est-à-dire 79, 7 %.

Tableau 6. Répartition par milieu (urbain, rural) de la population

Unité : %

Milieu

Urbain

Rural

Total

Région

16,4

83,6

100,0

Madagascar

20,3

79,7

100,0

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

  • Répartition par genre de la population

Le rapport de masculinité de la Région Alaotra Mangoro est supérieur à celui de l’ensemble de ­Madagascar, avec une valeur de 102,6, c’est-à-dire qu’il y a 102,6 hommes contre 100 femmes. Cette valeur est encore plus importante en milieu rural (105,4). Par contre, en milieu urbain, le rapport de masculinité est de 90 hommes pour 100 femmes, ce qui est nettement inférieur à celui de l’ensemble du pays dont la valeur est de 97,1.
Tableau 7. Rapport de masculinité dans la Région Alaotra Mangoro

Unité : %

Milieu

Urbain

Rural

Ensemble

Région Alaotra Mangoro

90,0

105,4

102,6

Ensemble

97,1

98,3

98,0

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

  • Caractéristiques démographiques

Natalité et fécondité
Sous les hypothèses que les conditions démographiques, économiques et sociales restent inchangées, une femme âgée de 15 à 49 ans de la Région Alaotra Mangoro aura au cours de sa vie, en moyenne, 5 enfants, nombre supérieur à la moyenne pour l’ensemble de femmes de cette tranche d’âge à Madagascar qui est de 4,8 enfants.

Pendant la période des collectes des données, 9,1 % des femmes de la Région Alaotra Mangoro sont enceintes. Cette proportion est relativement élevée par rapport à celle de l’ensemble du pays dont la valeur est de 8,3 %.

Quant au nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes de la région âgées de 40 à 49, il est de 5, 5, situation identique à celle de l’ensemble du pays. Pour les adolescentes âgées de 15 à 19 ans, 35,1 % sont déjà enceintes ou ont donné naissances. Par rapport à la situation nationale, c’est-à-dire la proportion de jeunes adolescentes malgaches de 15 à 19 ans ayant donné naissance ou étant enceintes, qui est de 31,7 %, cette proportion est relativement assez importante.

Tableau 8.Fécondité des femmes âgées de 15 à 49 ans

Unité : % et âge

Indice Synthétique
de fécondité

Pourcentage de femmes enceintes au moment de l’interview

Nombre moyen d’enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans

Age médian à la première naissance

Nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente

Pourcentage d’adolescente de 15 à 19 ans ayant déjà donné des naissances ou qui sont enceintes

Alaotra Mangoro

5,0

9,1 %

5,5

20,3 ans

36,6 mois

35,1 %

Madagascar

4,8

8,3 %

5,5

20,1 ans

32,7 mois

31,7 %

Source: INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009

Mortalité des enfants
La mesure des indicateurs de mortalité des enfants constitue un élément d’appréciation des conditions de vie de la population. Les indicateurs qui mesurent cette mortalité sont à la fois des proportions qui décrivent la situation au sein d’un groupe et les risques pour un nouveau-né de ce groupe de ne pas atteindre un âge donné. Le niveau de développement économique, l’abondance des produits ­alimentaires, leur qualité, la salubrité des lieux d’habitation et la disponibilité des infrastructures et services en matière de santé conditionnent les niveaux des indicateurs de mortalité des enfants. En conséquence, ces derniers font partie des déterminants des comportements de la population en matière de nombre d’enfants

Tableau 9. Indicateurs de mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans

Unité : ‰

Mortalité néonatale

Mortalité post néonatale

Mortalité infantile

Mortalité juvénile

Mortalité infanto juvénile

Alaotra Mangoro

24

24

48

27

74

Madagascar urbain

26

19

45

20

63

Madagascar rural

24

31

55

31

84

Source : INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009

Selon les résultats de l’EDS IV décrits dans le tableau ci-dessus, les niveaux des indicateurs de mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans de la Région Alaotra Mangoro restent élevés par rapport à ceux du milieu urbain de Madagascar, mais inférieur à ceux du milieu rural du pays. Durant les 10 ans qui précèdent la collecte des données, 24 nouveau-nés sur 1 000 n’ont pas survécu plus d’1 mois. Il y a 24 autres qui sont morts avant l’âge de 1 an. En agrégé, le taux de mortalité infantile atteint 48 ‰ (pour mille). 27 enfants sur 1 000 n’atteindront pas 5 ans. En résumé, pour 1 000 enfants nés, 74 n’atteignent pas leur 5e anniversaire. Les conditions socio-économiques individuelles des ménages, en ­particulier l’alimentation, la nutrition, la prévalence des maladies et des épidémies, ainsi que les ­conditions ­communautaires telles que la disponibilité des soins et autres services de pédiatries expliquent ces niveaux de mortalités des enfants.

  • Répartition par classe d’âge et par sexe de la population active

La population économiquement active de la région se caractérise par sa jeunesse. Si au niveau national, l’âge moyen de la population active est de 32,1 ans, celui de la Région Alaotra Mangoro est de 33,3 ans. Les personnes âgées de 15 à 64 ans représentent 92,9 % de la population si pour l’ensemble du pays cette proportion est de 80 %. En somme, la Région Alaotra Mangoro dispose d’un potentiel élevé par rapport à Madagascar en ce qui concerne la population active, dans la mesure où les personnes âgées de moins de 5 ans y représentent seulement 4,9 % contre 10,1 % pour le pays. Il en est de même pour le nombre d’individus de plus de 65 ans. La région enregistre une part de 2,20 % si au niveau national ce taux est de 3 %.
Tableau 10 .Age moyen et répartition par tranche d’âge de la population active

Unité : Nb d’années et %

Milieu

Age moyen(en nombre d’années)

Proportion selon la tranche d’âge ( %)

05-09

10-14

15-24

25-64

65 et plus

Alaotra Mangoro

33,3

1,3

3,6

27,8

65,1

2,2

Madagascar

32,1

2,9

7,2

27,4

59,6

3,0

Source: INSTAT/DSM/EPM2010
Dans la Région Alaotra Mangoro, 52,6 % de la population active sont des hommes en 2010. Pour ­l’ensemble du pays, cet indicateur est de 50,5 %. Il faut noter toutefois que ces valeurs ne tiennent compte ni des types d’activités ni des conditions de travail pouvant engendrer de différences importantes.
Tableau 11 .Répartition par genre de la population active

Unité : %

Homme

Femme

Total

Alaotra Mangoro

52,6

47,4

100,0

Madagascar

50,5

49,5

100,0

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

  • Composition ethnique

Le Plan Régional de Développement de la région décrit la composition ethnique de la Région Alaotra Mangoro. Ainsi, les Sihanaka constituent la plus grande majorité de la population de la région, suivie de très loin des Merina. Les Betsimisaraka viennent en troisième position avant les Betsileo et les Antandroy. Le reste est composé de groupes minoritaires venant du reste de l’Ile.

Antsihanaka ou la Région Alaotra se trouve au Nord de l’Imerina et du pays Bezanozano ; au Sud de la région des Tsimihety, à l’Est du terroir des Sakalava, et à l’ouest des Betsimisaraka. Cette position géographique attribue à la population de la région, un caractère cosmopolite.

On distingue trois groupes différents au sein de l’ethnie Sihanaka :

  •  les Tamoronala qui habitent près des forêts équatoriales, et dont les traits ressemblent beaucoup plus aux Betsimisaraka ;
  • les Tetivohitra, habitant des collines et dont les traits et les habitudes s’apparentent à ceux des Merina ;
  • les Tanaroro qui exercent au bord du lac Alaotra le métier de pasteurs venant des Tsimihety et Sakalava.

Historiquement, au temps de la colonisation, les ethnies comme les Sakalava, les Antemoro et les ­Betsileo immigraient dans la région et occupaient une montagne couverte de « Voangy » ou orange et ­encerclée d’une eau infestée de caïmans formant ainsi une sorte d’îlot (îlot = Nosy). Ce fut l’origine du
peuplement de la Région et l’ethnie « Tanosimboangy ». Ensuite la population s’était multipliée et occupait de montagnes beaucoup plus vastes et rocheuses qu’elle appelait « Ambatoharanana ». La multiplication de la population continuait ainsi que ses déplacements, notamment sur les montagnes appelées « Andilamena » dont le nom provenait de la chaîne de montagnes dentelées de cinq vallées rouges de sol latéritique (vallée : Andilana, rouge : mena).

  • Caractéristiques de la population
  1. Niveau d’instruction

Le niveau d’instruction de la population de plus de 4 ans dans la Région Alaotra Mangoro est relativement élevé par rapport à celui national. En effet, la proportion des individus sans instruction y est de 28,4 % si cet indicateur est de 37,0 % pour l’ensemble du pays.
Les personnes qui ont un niveau primaire représentent pour la Région 58,2 %, alors qu’elles représentent 51,3 % pour Madagascar.

Tableau 12. Répartition de la population âgée de quatre ans et plus, selon le niveau d’instruction, par région

Unité : %

Région

Sans instruction

Primaire

Secondaire

Supérieur

Total

Alaotra Mangoro

28,4

58,2

10,6

2,8

100,0

Ensemble

37,0

51,3

9,6

2,1

100,0

Source : INSTAT/DSM/EPM2010

La proportion de la population qui a atteint le niveau secondaire est de 10,6 % pour la région contre 9,6 % pour le pays. La proportion d’individus ayant fréquenté les établissements supérieurs dans la tranche d’âge de population de plus de 4 ans à Alaotra Mangoro dépasse de 0,7 points celle de ­l’ensemble de Madagascar si ces 2 indicateurs sont respectivement de 2,8 % et 2,1 %.

En ce qui concerne l’alphabétisation, le niveau de la Région Alaotra Mangoro est également élevé par rapport à celui de l’ensemble du pays. Cette situation est valable aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, et pour les hommes que pour les femmes. Ainsi, 80,8 % de la population de la tranche d’âge de plus de 15 ans sont alphabétisées à Alaotra Mangoro. Alors que pour Madagascar, cette proportion est de 71,4 %.
Tableau 13.Taux d’alphabétisation des individus âgés de plus de 15 ans, selon le milieu et le genre

Unité : %

Région

Milieu

 Genre

Ensemble

Urbain

Rural

Hommes

Femmes

Alaotra Mangoro

87,2

79,5

81,3

80,2

80,8

Ensemble

83,7

67,8

74,9

68,0

71,4

Source: INSTAT/DSM/EPM2010

La différence est beaucoup plus constatée au niveau du genre, et en milieu rural. En effet, 80,2 % de la population féminine de la région est alphabétisée contre 68 % seulement pour Madagascar. De même, 79,5 % de la population rurale est alphabétisée dans cette Région contre 67,8 % dans l’ensemble du pays.

  1. Mouvement de la population

Les mouvements migratoires de la population sont principalement dictés par des objectifs de recherche de conditions de vie meilleures, surtout économiques, mais également sociales. Ces mouvements sont notamment motivés et facilités par la disponibilité, entre autres, dans le milieu de destination, des Services Administratifs, des infrastructures de tous genres : communication, culturels, économiques, etc., des opportunités et potentialités économiques, et la sécurité. Les impacts des mouvements migratoires dans le milieu d’accueil peuvent être de deux natures opposées : D’une part, les immigrants apportent généralement de la main d’œuvre, de la technologie, de l’innovation dans les domaines économiques et sociaux, bref, le développement. D’autre part, la localité d’accueil subira à terme des pressions démographiques et environnementales. Ainsi, à partir du moment où la croissance économique escomptée serait inférieure à la croissance démographique, beaucoup de problèmes surgiraient : dégradation de l’environnement, paupérisation de la population, insécurité, etc.

  • Migration interne

La migration interne est faible dans la Région Alaotra Mangoro, dans la mesure où 50 communes sur 79 enregistrent une migration interne faible. Ainsi, 8 communes sur 79 seulement feraient l’objet d’une forte migration interne, dont 5 se trouvent dans le district d’Amparafaravola et 3 dans le district de Moramanga. Un peu moins d’une commune sur quatre en moyenne dans la région, est jugée à moyenne migration interne. La majorité de ces communes se trouvent dans les districts d’Amparafaravola et
d’Andilamena.

Tableau 18. Nombre de communes par district selon l’importance de la migration

Unité : effectif

District

Forte

Moyenne

Faible

Total

Ambatondrazaka

0

0

20

20

Amparafaravola

5

11

4

20

Andilamena

0

8

0

8

Anosibe anala

0

0

10

10

Moramanga

3

2

16

21

Total

8

21

50

79

Source : MEI/CREAM/Monographie 2009

L’immigration se fait en premier lieu dans les communes du même district. La deuxième provenance des immigrants est confirmée, par les réponses recueillies, être les districts de la même région. Enfin, le troisième lieu de provenance des immigrants vers 17 communes serait les autres régions de la province, tandis qu’au niveau de 6 communes, l’immigration provient des autres provinces.

Tableau 19. Répartition des communes selon la provenance des immigrants

Unité : effectif

Première provenance

Deuxième provenance

Troisième provenance

A l’intérieur du District

23

0

0

A l’intérieur de la Région

0

23

0

Autres Régions de la même Province

0

0

17

Autres Provinces

0

0

6

Total

23

23

23

Source : MEI/CREAM/Monographie 2009

  • Immigration

La principale raison qui motive l’immigration dans la Région Alaotra Mangoro est l’émergence d’un pôle de travail. Cette raison concerne 18 communes 23 et est justifiée par l’installation du grand projet minier Sherrit dans la région.

Tableau 20. Nombre de communes selon les causes de l’immigration à Alaotra Mangoro

Unité : effectif

Nombre de Commune

Manque d’opportunité locale en emploi

1

Découverte d’un filon

1

Emergence d’un pôle de travail

18

Autres

3

Total

23

Source : MEI/CREAM/Monographie 2009

  • Emigration

L’émigration concerne 6 communes dans la Région Alaotra Mangoro. La principale cause est le manque d’opportunité locale d’emploi et touche 4 communes. La période de soudure pousse la population de 2 communes à émigrer vers d’autres localités.

Tableau 21. Principales causes de l’émigration

Unité : effectif

Nombre de Communes

Période de soudure

2

Manque d’opportunité locale en emploi

4

Total

6

Source : MEI/CREAM/Monographie 2009

  1. Habitat

La qualité de son habitat figure parmi les caractéristiques de la population. Il peut refléter sa situation économique et sociale. Par ailleurs, la qualité de l’habitat caractérisée par la disponibilité du minimum requis en matériels et mobiliers, ainsi qu’insalubrité peut affecter le bien-être et la santé de la population.

  • Habitation        

Le rapport principal de L’EPM 2010 a défini plusieurs types de ménages. Cette classification est ­déterminée sans prise en compte à priori d’aucun critère sur les matériaux utilisés et le degré de confort du logement. Il s’agit de :

  • Appartement : Local d’habitation intégré dans un immeuble ;
  • Studio : Petit appartement composé d’une seule pièce avec éventuellement des toilettes et cuisine ;
  • Chambre : Une pièce servant à la fois de chambre à coucher et de séjour, les toilettes et ;
  • éventuellement la cuisine peuvent être utilisées en commun avec d’autres occupants ;
  • Maison individuelle de type traditionnel : immeuble indépendant, occupé exclusivement par le ménage et comportant éventuellement plusieurs pièces;
  • Villa : Immeuble moderne indépendant.

Dans la Région Alaotra Mangoro, comme c’est le cas pour l’ensemble du pays, la plupart des ménages vivent dans des maisons individuelles de type traditionnel. Ainsi, les proportions des ménages vivant dans ces types d’habitation sont respectivement pour la Région et Madagascar, 71,5 % et 85,4 %. A part les logements classés « autres », les ménages disposant de villas modernes comme habitation sont relativement peu nombreux avec un taux de 0,8 %, alors qu’au niveau national, 1,6 % des ménages
habiteraient dans ce type de logement.

Tableau 22. Répartition des ménages selon le type de logement actuel dans la Région Alaotra Mangoro

Unité : %

Appartement

Studio

Chambre

Maison individuelle
de type traditionnel

Villa de type moderne

Autres

Total

Alaotra Mangoro

13,3

1,3

12,5

71,5

0,8

0,6

100,0

Madagascar

4,0

0,6

8,0

85,4

1,6

0,5

100,0

Source : INSTAT/DSM/EPM 2010

  • Caractéristiques des habitats
  • Type de matériaux du mur extérieur

Selon les résultats de l’EPM 2010, les habitants de la région vivent en majorité dans des logements construits avec de la terre battue (48,8 %) et des briques (34,2 %), des écorces, feuilles et tiges (8,3 %), de la planche (5,3 %) et du parpaing (3 %). Les constructions en dur (briques, parpaing) regroupent 37,2 % de la population de la région. Cette proportion est de 25 % au niveau national.

Tableau 23. Type de matériaux des murs extérieurs des habitations

Unité: %

Alaotra Mangoro

Madagascar

Ecorce, feuille, tige

8,3

31,4

Terre battue

48,8

34,5

Planche

5,3

7,0

Contreplaqué

0,0

ND

Tôle ondulée

0,4

1,8

Fût bidon

0,0

0,1

Pierre

0,1

0,2

Brique

34,2

22,5

Parpaing

3,0

2,2

Autres

0,0

0,3

Total

100,0

100,0

Source : INSTAT/DSM/EPM2010

  • Type de plancher

Une proportion de 30,2 % de la population habitent dans des maisons dont la terre battue fait office de plancher. Le ciment a été utilisé pour construire le plancher de 40,5 % de la population. Le bois détient la troisième place avec 27,7 % des habitants de la Région. Au niveau national, la terre battue attire la majorité (44,1 %) de la population comme plancher.
Tableau 24. Type de matériaux du plancher des habitations

Unité: %

Alaotra Mangoro

Madagascar

Terre battue

30,8

44,1

Bois

27,7

28,2

Pierre brique

0,6

0,4

Ciment béton

40,5

18,9

Autres

0,4

8,3

Total

100,0

100,0

Source : INSTAT/DSM/EPM2010

  • Type de combustibles

Comme dans l’ensemble du pays, le bois ramassé constitue l’essentiel de combustible utilisé pour la cuisine de la majorité des ménages de la région (6,3 %). Le charbon vient en 2eplace avec 25,6 % des ménages qui l’utilisent. Au niveau national, cette proportion est de 17,1 % bien que tenant la 2nde place également. Le dernier combustible que les ménages de la région utilisent avec une proportion de 9,1 % est le bois acheté. En somme, tous les types de combustibles utilisés par la population d’Alaotra Mangoro sont d’origine ligneuse, étant donné que la Région Alaotra Mangoro est l’un des plus grands fournisseurs de combustibles en bois de la capitale et de sesrégions voisines.
Tableau 25.Répartition des ménages selon le principal type de combustible utilisé pour la cuisine

Unité: %

Alaotra Mangoro

Madagascar

Bois ramassé

65,3

77,7

Bois acheté

9,1

4,5

Charbon

25,6

17,1

Gaz

0,0

0,2

Electricité

0,0

0,2

Pétrole

0,0

0,1

Autres

0,0

0,2

Total

100,0

100,0

Source : INSTAT/DSM/EPM2010

  • Sources d’eau potable, accès à l’électricité et type d’installation sanitaire d’hygiène

Selon les indicateurs publiés dans le rapport principal de l’EPM 2010, 59,7 % de la population de la Région ont accès à l’eau contrôlée, le taux d’accès à l’eau contrôlée du Pays étant 44,9 %. En ce qui concerne l’accès à l’électricité, 11,4 % des habitants de la région l’utilisent comme principale source d’éclairage. Par contre, pour le type de toilette, le taux d’accès de la population aux latrines améliorées est de 69,7 % si ce taux est de 39,8 % pour l’ensemble de Madagascar.

tableau 26 Taux d’accès à certains biens et services

Unité: %

Eau contrôlée

Electricité

Latrine ou mieux

Alaotra Mangoro

59,7

11,4

69,7

Madagascar

44,9

13,3

39,8

Source : INSTAT/DSM/EPM2010

  1. Niveau de vie et pauvreté
    • Possession de bien durable

La possession de biens durables de la population d’Alaotra Mangoro dépasse plus ou moins largement la situation au niveau national. Si le taux de possession de chaise à Alaotra Mangoro est de 77,9 %, celui au niveau national est de 51,6 %. Il en est de même pour la possession de machines à coudre : le taux en est de 12,6 % à Alaotra Mangoro, alors qu’il en est de 9,4 % au niveau national. Si le taux de possession de bicyclette est de 42,4 % dans la région, il n’est que de 20,5 % pour l’ensemble du pays. Si 29,5 % de la population de la région possède de téléphones portables, 10,2 % de la population nationale en possède.

Tableau 27. Taux de possession de certains biens

Unité: %

Région Alaotra Mangoro

Madagascar

Chaises

77,9

51,6

Machines à coudre

12,6

9,4

Radios

18,6

14,9

Radio- cassette

14,7

12,8

Poste TV

52,7

38,7

Bicyclette

42,4

20,5

Téléphones portables

29,5

25,0

Lecteur CD, VCD, DVD et autre lecteurs

13,2

10,2

Source : INSTAT/DSM/EPM2010

Regroupement des individus en quintiles

En considérant une variable dont les valeurs peuvent être ordonnées, on classe par ordre croissant les individus de la population toute entière. On les regroupe alors dans 5 sous-ensembles dont le quintile 1 est constitué des 20 % de la population dont les valeurs sont les plus basses. Le quintile 5 contient alors les 20 % dont les valeurs sont les plus élevées. Ce classement permet de diagnostiquer la situation d’une sous population par rapport à d’autres sous populations. Si la sous population est constituée majoritairement par ceux des quintiles inférieurs (respectivement supérieurs), alors on conclut qu’un sous ensemble plus défavorisé (respectivement plus favorisé) est le reste de la population en référence à la variable considérée. Le classement par quintile, ou plus généralement en percentile pour n groupes, est complémentaire avec la comparaison d’autres indicateurs comme la moyenne, la médiane, la variance… Les quintiles ont moins de sensibilités aux valeurs extrêmes.

Tableau 28. Répartition de la population par quintile de bien-être économique

Unité: %

Quintile des plus pauvres

Second quintile

Troisième quintile

Quatrième quintile

Quintile des plus riches

Total

Alaotra Mangoro

6,5

15,9

 33,8

35,5

18,3

100,0

Madagascar

20,0

20,0

20,0

20,0

20,0

100,0

Source: INSTAT/ Rapport principal de l’EDS-IV Madagascar 2008-2009

  • Ratio et intensité de la pauvreté

En utilisant l’approche consommation, les résultats de l’EPM 2010 pour la Région Alaotra Mangoro présentent un ratio de pauvreté de 68,2 % contre 76,5 % au niveau national. Il s’agit de ceux qui ont un niveau de consommations agrégées (alimentaires et non alimentaires) inférieur au seuil national de pauvreté de 468 800 Ar/personne/an . Le ratio de pauvreté de la population en milieu rural est inférieur à celui du niveau national. Pour le milieu urbain, 60,2 % de la population sont classés pauvres.
Pour ce qui est du niveau de consommation des pauvres, l’indicateur d’intensité de la pauvreté mesure la moyenne des écarts en pourcentage des consommations par rapport au seuil de pauvreté . Son niveau dans la Région d’Alaotra Mangoro est de 41,2 % en 2010. Ce même indicateur est de 25,1 % en milieu urbain contre 46,0 % en milieu rural.

Tableau 29. Ratio et intensité de pauvreté selon le milieu en 2010

Unité: %

Indicateurs

Ratio de pauvreté

Intensité de pauvreté

Milieu

Urbain

Rural

Ensemble

Urbain

Rural

Ensemble

Alaotra Mangoro 2010

47,5

72,2

68,2

17,6

36,4

25,0

Madagascar en 2010

38,9

78,7

74,5

21,3

38,3

34,9

Source : INSTAT/DSM/EPM2010

En adoptant une approche collective de la pauvreté à Alaotra Mangoro, on constate qu’en 2010, le total des écarts par rapport au seuil de pauvreté de toute la population de la région se chiffre à108 milliards d’Ariary. C’est donc la somme minimale nécessaire pour que les niveaux de consommation des pauvres égalisent le seuil de pauvreté. Ceci ne prend pas encore en compte les autres montants nécessaires pour la gestion et les frais de distribution de ce montant. Néanmoins, elle permet de quantifier en partie les efforts à entreprendre pour réduire significativement la pauvreté. Elle représente 3,3 % du montant global au niveau national qui atteint 3 292 milliards d’Ariary, soit à peu près le 1/6e du PIB.

Tableau 30. Totaux des écarts aux seuils de pauvreté     

Unité : % et écart

Total des écarts au seuil de pauvreté

Part nationale ( %)

Alaotra Mangoro

108

3,3

Madagascar

3 298

100,0

Source : INSTAT/DSM/EPM2010

Pour ce qui est de l’inégalité en termes de niveau de consommations agrégées, l’indice de Gini au sein de la population d’Alaotra Mangoro atteint 0,386. La répartition des consommations à ­Alaotra ­Mangoro classe la région parmi celles où il y a plus d’inégalités. Ce même indice est de 0,403 au niveau national