Diana

Le cadre physique et administratif

Cadre physique

  • Localisation géographique      

La région de DIANA se trouve dans la province d’Antsiranana située sur la partie Nord de Madagascar. Ses coordonnées sont entre 11 °C et 15 °C de latitude sud et 47 °C et 50 °C de longitude Est, couvrant un territoire de 20 942 km2 soit 3,6 % de l’ensemble de la Grande Ile. Elle est limitrophe de la région de la SAVA dans sa partie orientale et de celle de la SOFIA dans sa partie méridionale. La région a accès sur sa partie Ouest au Canal de Mozambique et sur sa partie Est à l’Océan Indien. Le chef lieu de la région, Antsiranana I qui est en même temps un district et une commune se trouve à 1 173 km de la Capitale.

La région est composée de 5 districts : Antsiranana I et II, Ambanja, Ambilobe et Nosy Be. Le nom de la région provient des initiales des districts qui la composent (Diégo, Ambanja, Nosy Be, Ambilobe). La région a la particularité de contenir le district de Nosy Be qui est une île de 311 km2.

A part les districts de Nosy Be et d’Antsiranana I, la superficie moyenne des districts se situe autour de 4 000 km2.

Tableau 1. Superficie des districts dans la région de DIANA

Unité : km2

District

Superficie en km2

Ambanja

6 146

Ambilobe

8 041

Antsiranana I

70,13

Antsiranana II

5 645

Nosy Be

311

Total

20 213,13

Source : MEI/CREAM/Monographie 2009

  • Relief        

La région de DIANA, se trouvant au Nord de la ligne faitière Maromandia-la Loky, doit son originalité à son relief. C’est par son altitude qu’elle se distingue particulièrement des autres régions qui la bordent à l’Est et au Sud.

L’ensemble de cette région est formée par des vieux massifs cristallins et volcaniques. Du Nord au Sud se dressent la montagne d’Ambre, les massifs d’Ankarana et d’Analamerana, les chaînes d’Andavakoera et de Galoka et enfin le massif du Tsaratanana. Le long des côtes, à la baie d’Antsiranana, l’une des plus belles de Madagascar, viennent s’ajouter les presqu’îles d’Anorontany et d’Ampasindava, les deltas de la Mahavavy, de l’Ifasy et du Sambirano et l’île de Nosy-Be avec ses îles satellites.

Du point de vue géomorphologie, la région juxtapose des formes variées : volcaniques, quartziques et cristallines ce qui en fait l’un des reliefs les plus complexes et des plus diversifiés de Madagascar.

a- Les reliefs du socle
Ils sont dominés par le massif de Tsaratanana, qui forme un énorme ensemble montagneux culminant à Maromokotra à 2 876 m, à 80 km du canal de Mozambique. Ce massif est formé principalement par une arête Nord-Sud d’altitude moyenne supérieure à 2 200 m, s’élevant vers le Sud, jalonnée par les sommets de Marivorahona (2 236 m) au Nord, du Tsaravosy (2 516 m) au Centre et du Maromokotra au Sud. En direction du Nord, elle se termine à Ankivanja (1 293 m).
A cet ensemble, il faut ajouter les vastes plateaux drainés par le Mamoro, le Mananjeba, la Mahavavy et l’Antsiatsia, le bassin de la Loky, les dômes et les dépressions compris entre la Mananjeba et l’Océan Indien.

b- Les bassins sédimentaires
Ils correspondent soit à des unités lithologiques, soit à des unités tectoniques, soit enfin au contact socle sédimentaire. Ce contact socle sédimentaire se traduit de l’Ifasy à la Loky, par une dépression de 120 km. Elle est partout dominée par un imposant escarpement gréseux de 400 à 500 m.

Au-dessus de l’Ifasy, cet escarpement s’appelle Galoka et Andavakoera de la Mahavavy à la Loky. Plus au Sud, se trouve le fossé de Sambirano, d’une largeur moyenne de 4 km et d’une longueur de 25 km. Ce fossé est remblayé d’alluvions qui lui donnent un aspect parfaitement plat. A la limite Sud-Ouest de la zone, la presqu’île d’Ampasindava couvre 1 500 km².

Enfin, la montagne des Français et Windsor – Castle forment surtout avec l’Ankarana, l’un des plus spectaculaires karts de Madagascar.

  1. c) Les ensembles volcaniques
    La région comprend quatre grands ensembles volcaniques : l’île de Nosy-Be à laquelle il faut rattacher la presqu’île d’Ambato, l’Anorontany, le Bobaomby et le massif d’Ambre culminant à 1 475 m au pic d’Ambre.
  • Typologie sous-régionale

On distingue quatre sous ensembles régionaux : la partie septentrionale montagneuse, le triangle volcanique Nosy-Be-Sambirano-Ambilobe, la zone du socle et du massif de l’Ankarana et la partie littorale. La partie septentrionale : Située à l’extrême Nord de Madagascar, la ville d’Antsiranana constitue à elle seule un premier ensemble avec le massif d’Ambre et la Bobaomby. La presqu’île de Bobaomby est formée essentiellement de sols ferrugineux sur basaltes pliocènes portant une épaisse savane favorable à l’élevage bovin. Seuls deux villages, Anjiabe et Andranovondronina, concentrent l’essentiel de la population dont l’activité est l’élevage bovin. La riziculture est une activité secondaire.

Le réseau de communication se résume à des sentiers et pistes praticables en saison sèche. Dans la montagne d’Ambre, les sols ferralitiques sur vieux basaltes sont épais et ce sont essentiellement des sols bruns rouges à bruns jaunes constituant de bons terrains de culture. Les sols minéraux bruts qu’on rencontre sur le sédimentaires et les terrains volcaniques sont inaptes à la culture.

Les deux versants du massif de l’Ambre sont très opposés :

  • A l’Ouest, la principale activité est la riziculture associée à l’élevage bovin. Les routes sont quasi-inexistante à part l’axe Antsiranana/Andranofanjava (praticable 5 mois sur 12).
  • A l’Est, l’activité traditionnelle repose sur la riziculture et l’élevage, mais la proximité du marché urbain a permis le développement des cultures maraîchères, ce qui lui confère une forte originalité.

Le réseau routier et l’existence d’Antsiranana expliquent la relative importance des échanges et du peuplement (Communes Anivorano : 42 hab/km², Mahavanona : 39,5 hab/km², alors qu’à Andranofanjava : 1,5 hab/km²).

a- Le triangle Nosy Be – Sambirano – Ambilobe
Les terres y sont particulièrement riches : sols de deltas et sols noirs de décomposition de cendres volcaniques. Tout cet ensemble a pour vocation l’agriculture. Les cultures commerciales s’y prêtent bien avec l’installation de la SIRAMA. La zone bénéficie d’un réseau de voie de communication dense et une circulation bien supérieure à l’ensemble de l’île.

b- La zone sous-peuplée du socle et du massif de l’Ankarana
Limitée au sud par le massif de Tsaratanana, elle englobe le massif de l’Ankarana et d’Analamerana. Les quelques villages qui y existent vivent pratiquement en autarcie. Les bonnes terres de culture sont très rares et la riziculture se pratique en saison des pluies dans les bas-fonds ou sur certaines pentes. Du fait d’un relief tourmenté et très sensible au ravinement, la construction d’une route ou même d’une piste serait une entreprise onéreuse.

c- Le littoral
La côte allant de la presqu’île d’Ampasindava jusqu’à Irodo mesure 450 km de longueur. Dans l’ensemble, le littoral est très découpé et présente de nombreuses baies parmi lesquelles celle d’Antsiranana, l’une des plus vastes sinon des plus belles baies du monde (plus de 250 km²). Les produits halieutiques représentent leurs seules ressources et la pratique de la riziculture y devient un phénomène exceptionnel. La population se procure du riz en l’achetant au troc dans les villages de l’intérieur. Le relief du littoral oppose l’Ouest, qui se compose de grands deltas et de la côte rocheuse de la montagne d’Ambre, et l’Est, formé essentiellement par un bourrelet dunaire plus ou moins large. Deux ensembles deltaïques occupent le littoral de l’Ouest : au Sud, le delta du Sambirano (250 km²), au Nord, le delta de la Mahavavy (500 km²) et son annexe le delta de l’Ifasy (70 km²).

  • Hydrologie        

Trois grands ensembles de cours d’eau caractérisent le paysage hydrographique de la région : ceux de la montagne d’Ambre, ceux du Tsaratanana et les rivières du versant oriental.

a- Les rivières du Tsaratanana :

  • le Tsaratanana est le principal château d’eau de la région. Les trois principaux cours d’eau de la zone : le Mahavavy, le Sambirano et le Ramena, y prennent leur source ;
  • le Mahavavy mesure 165 km de long pour un bassin versant de 3 300 km². Il reçoit deux affluents importants de rive droite : l’Ambohipato (25 km) et l’Antsiatsia (60 km). Il prend sa source dans l’Andohanisambirano. Ce dernier se situe au sud de Maromokotra, vers 2 300 m d’altitude ;
  • le Sambirano mesure 124 km de long pour un bassin versant d’environ 2 800 km². Il reçoit un seul affluent important : la Ramena, dont la longueur est de 80 km et dont le bassin versant couvre 1 080 km². Il prend sa source sur le versant sud du Maromokotra vers 2 500 m d’altitude.

b- Les rivières de la montagne d’Ambre :
Les rivières sont pour la plupart courtes, leurs vallées sont rectilignes, étroites et encaissées, leur profil en long est tendu. Leurs affluents sont peu nombreux et insignifiants. Les principales sont la Saharenana, 52 km de long avec un bassin versant de 140 km² et l’Irodo.

c- Les rivières du versant Est
Les principales rivières du versant Est sont la Manambato (90 km) et la Loky (70 km). Elles coulent toutes les deux dans la zone dénudée du socle et leur régime est directement lié aux précipitations. Elles sont pratiquement à sec d’avril à décembre. Les caractéristiques communes des rivières de la zone sont des pentes considérables, des crues violentes, mais brèves.
A Nosy Be, les rivières sont surtout utilisées pour l’irrigation de la culture des cannes à sucre de la société SIRAMA (rivières de Dzamandzar, Ambaribongo, Ambalamanga, Antsahahely), pour l’extraction d’huile essentielle de la distillerie (rivières de Djabala) et pour l’approvisionnement en eau de certaines localités (source de Lokobe).

Pédologie

Différents types de sols sont présents dans la région de DIANA :

  • les sols à quioxydes sont constitués par les sols ferralitiques et sols ferrugineux ;
  •  les sols ferralitiques d’origine volcaniques basiques (basaltes) se rencontrent surtout dans les massifs, les flancs et les plateaux d’Ambre et aussi sur les îles de Nosy-Be, Nosy Komba, la presqu’île d’Ampasindava ;
  • ce sont des sols riches ayant plusieurs vocations dont la plupart sont destinés actuellement à la culture de légumes, fruits, riziculture, cultures industrielles et de rente ;
  • les sols ferrugineux se localisent sur basaltes : le pourtour de la Montagne d’Ambre et sur la basse altitude d’Antsiranana, sur les grès des plateaux de Sahafary et sur le sable dunaire de l’Est ;
  • ces sols ne sont pas propices à la riziculture irriguée et souvent réservés au boisement et aux cultures fruitières ;
  • les sols peu évolués se localisent dans les vallées et les deltas des rivières (Mahavavy, Mananjeba, Ifasy, Sambirano, etc. …) ;
  • ces sols alluviaux de constitutions différentes (sablo-limoneux, limono-sableux, limono-argileux) forment des zones sédimentaires très riches, exploitées pour les cultures industrielles (canne à sucre, tabac, coton, riz, cacao, café, etc. …) ;
  •  les sols hydromorphes situés dans les zones marécageuses, les dépressions et les cuvettes sont surtout exploités pour la riziculture de 2e saison et la culture de tabac ;
  •  les sols halomorphes, à cause de la haute teneur en sodium.

Géologie         

Le socle ancien, formé de terrains cristallins et cristallophylliens, peut constituer des reliefs importants, tels que le massif du Tsaratanana (2 876 m), point culminant de l’île (carte n °2). Les terrains sédimentaires forment, le long de la côte Ouest, une bande de largeur variable. En effet, en certains points, des bombements du socle ramènent les terrains cristallins au voisinage du canal du Mozambique. Cette couverture sédimentaire forme un système de cuesta dont la plus importante est celle des grès de l’Isalo qui, dans la région, porte le nom de chaîne de Galoka. La seconde et troisième cuesta, constituées par des calcaires jurassiques et des grès crétacés, apparaissent surtout dans le Nord-est de l’île. Entre ces reliefs et la côte s’étendent les plaines alluviales de la Mahavavy, de l’Ifasy et du Sambirano, dont la largeur varie de 10 à 30 km.

Les formations sédimentaires ont été affectées par des intrusions éruptives post-liasiques représentées par des granites alcalins et des syénites néohelléniques. Ces roches ont provoqué des déformations locales et peuvent constituer des reliefs importants tels que les massifs de Lokobe et Befotaka à Nosy-Be, l’île de Nosy-Komba, les monts d’Ankify et du Sambirano et les intrusions de la Presqu’île d’Ampasindava.

Enfin, l’activité volcanique s’est développée depuis le Miocène jusqu’au Quaternaire récent, et se traduit par des projections et des coulées essentiellement de nature basaltique.

Ainsi, la Montagne d’Ambre, avec ses 1 475 m, domine le Nord de Madagascar. L’archipel des Mitsio est également constitué d’îles et d’îlots essentiellement basaltiques, dont les côtes escarpées en falaises contrastent avec les côtes basses bordées de palétuviers des plaines deltaïques et des baies. Enfin, de nombreux cratères sont apparus au Quaternaire récent dans la partie occidentale de Nosy-Be, qui est couverte d’une épaisse couche de cinérites et de lapilli.  Si les directions tectoniques générales du socle cristallin sont Est-Ouest, les directions de fracture correspondant aux mouvements ayant affecté à la fois le socle et la couverture sédimentaire peuvent être classés en deux systèmes qui caractérisent l’ensemble de Madagascar.

a- Le système « Côte Est »
Cette direction est parallèle à la Côte Est de Madagascar, dont le tracé, rectiligne sur 1.100 km, est attribué à une fracture majeure de l’écorce qui se traduit notamment par un fort gradient gravimétrique.
A ce système appartiennent la zone de fracture du contact socle-sédimentaire, la faille d’Ambilobe et enfin les failles de l’Ankarana, dont la plus remarquable est celle de l’Ankarana qui effondre le bathonien avec un rejet de plus de 200 m et qui se prolonge peut-être vers le sud par les failles de Jangoa, Ankaramy et Maromandia.

b- Le système « Mozambique »
Il s’agit de fractures NNW-SSE dont les plus remarquables sont constituées par le graben de Sambirano et les fractures transversales du plateau de l’Ankarana.
Les failles du système « Côte Est » contribuent à une descente en gradins vers le Canal du Mozambique, l’ensemble formant une zone flexure opposant la zone côtière, en voie de subsidence, au massif du Tsaratanana, en voie de soulèvement.

Formation végétale         

Les formations végétales épousent les conditions climatiques et édaphiques du milieu. On y rencontre une grande diversité des formations forestières, de la formation ombrophile à la formation xérophytique, en passant par tous les stades intermédiaires à savoir :

  • les formations ombrophiles primaires se localisent dans les régions à forte pluviométrie (P>2 000 mm) où la saison sèche est inexistante ou peu marquée. Il s’agit de la Montagne d’Ambre, du Sambirano et du Tsaratanana ;
  • les formations ombrophiles secondaires peu dégradées sont proches de la forêt primaire (de type Nosy-Komba) ou typique de la dégradation par les feux (type Galoka). Les forêts galeries sur le socle et de la montagne d’Ambre sont des formations secondaires plus ou moins dégradées ;
  • les forêts sèches sont développées sur les basaltes récents de la Montagne d’Ambre et le Nordest du plateau de Sahafary, ainsi que sur la presqu’île d’Ambato ;
  • les forêts xérophiles sont constituées par les forêts sur les dunes anciennes et la végétation des massifs calcaires. La sécheresse édaphique entraîne une accentuation de la netteté du cycle végétatif.

Les savanes qui sont de divers types :

  • les formations herbeuses constituées d’un tapis graminéen plus ou moins dense où dominent les espèces vivaces ;
  • la savane – parc à palmiers sur terrains sableux de la côte Est, de la presqu’île d’Orangea à Vohémar ;
  • la savane arborée où l’élément dominant est l’herbe.

La végétation des alluvions et des zones inondables :

  • les berges des rivières et les bas-fonds inondés en saison des pluies où des plantes adventices caractéristiques des jachères apparaissent en saison sèche ;
  • les berges d’alluvions argilo-sableuses où les espèces assurent une bonne fixation des sols (Mimosa lantispinosa-Mimosa pudica) ;
  • la végétation des sables littoraux où domine une végétation spécifique plus ou moins halophile et xérophile (Spomea, lianes rampantes).

Climatologie      

En général, la région est soumise à un climat de type tropical caractérisé par une alternance d’une saison fraîche et sèche de mai à novembre et d’une saison humide et chaude à partir de décembre.

a- Température
Les températures moyennes annuelles de la région sont relativement élevées toute l’année. Pour les stations situées au bord de la mer, les moyennes annuelles oscillent entre 25 °C pour Ambanja et 20 °C à 26 °C pour Antsiranana.L’amplitude thermique est dans l’ensemble faible, celle-ci augmente avec l’altitude et lorsqu’on s’éloigne de la côte. En effet, les amplitudes annuelles sont comprises entre 5,3 °C pour Antsiranana, 4,6 °C pour Ambanja et 4,8 °C pour Ambilobe. Les mois les plus frais sont juillet et août (Ambanja 23,5 °C, Antsiranana 25,1 °C et Ambilobe 24,5 °C). Les mois les plus chauds sont mars et avril (Antsiranana 28,3 °C, Ambilobe 28,3 °C et Ambanja 27,1 °C).
A Ambahivahibe, situé à 370 m d’altitude, la température moyenne tombe à 23,8 °C alors qu’aux Roussettes, à 1 000 m d’altitude, la moyenne est de 17,6 °C et le mois le plus chaud n’atteint que 21,7 °C, ce qui fait qu’en saison sèche, la température nocturne tombe à 7 °C.

b-  Pluviométrie
Dans l’ensemble, les totaux pluviométriques et la répartition des pluies font apparaître une opposition entre quatre secteurs principaux : côte Ouest, côte Est, montagne d’Ambre et zone de socle. A l’Est, du Nord au sud, on note une augmentation du total pluviométrique (Nosy Ankao : 1 295 mm, Antsiranana : 987 mm, cap d’Ambre : 985 mm), jointe à une diminution de la longueur de la saison sèche. A l’Ouest, du cap d’Ambre à la presqu’île d’Ampasindava, on observe un phénomène identique à celui de la côte est : augmentation du total pluviométrique vers le sud et réduction de la durée de la saison sèche.
La quantité totale dépasse 1 500 mm au sud de l’Ankarana, tandis qu’Ambilobe avec 1870 mm ne compte que 86 jours de pluie avec un minimum de 55 jours et un maximum de 118 jours. Ambanja, avec un total de 2 171 mm réparti sur 130 jours, est à la limite du climat tropical humide.

Sauvegarde de l’environnement        

a- Etats des lieux
La région dispose d’une importante superficie de forêt protégée représentant 461 milles hectares, soit 22 % de la superficie totale de la région. La moitié de la superficie se trouve dans le district d’Ambilobe. Le district d’Antsiranana II détient la seconde superficie en termes de superficie de forêt protégée. Les données sur la superficie de forêt détruite annuellement ne sont pas disponibles mais il convient de noter que selon le phénomène existe dans la région.

Tableau 2. Superficie de forêt existante, protégée et forêt détruite dans la région de DIANA

Unité : ha

District

Superficie de forêt existante

Superficie de forêt protégée

Superficie de forêt détruite

Ambanja

nd

0

nd

Ambilobe

nd

245 741

nd

Antsiranana I

nd

nd

Antsiranana II

nd

107 535

nd

Nosy Be

nd

317

nd

Total

nd

461 128

nd

Source: MEI/CREAM/Monographie 2009

La déforestation provient généralement du nettoiement, de carbonisation, de renouvellement de pâturage, de défrichement et de mécontentements sociaux. Les feux sont par ailleurs difficilement maîtrisables à cause des facteurs climatiques favorisant la propagation des feux à savoir le « varatraza » (vent) et la longue saison sèche notamment dans la pointe Nord d’Antsiranana et d’Ambilobe.
Ces déforestations conduisent à la dégradation des bassins versant entraînant la baisse de la fertilité du sol, l’ensablement des rizières et le changement des lits des rivières.

Tableau 3. Superficie de terrain en proie au feu de brousse et reboisés – Zone de conservation

Unité : ha

District

Superficie de terrain en proie au feu de brousse

Superficie de terrain reboisée

Ambanja

nd

131

Ambilobe

687

929

Antsiranana I

5

193

Antsiranana II

1 877

264

Nosy Be

0

210

Total

2 569

1 727

Source: MEI/CREAM/Monographie 2009

  1. b) Problèmes environnementaux
    Les problèmes régionaux semblent déboucher sur l’impasse. Et les effets ont suscité de graves inquiétudes. Les observations faites ci-dessus laissent à penser que les initiatives prises à l’échelle régionale, les programmes et projets visant l’amélioration de l’environnement de la population, ses moyens d’existence et ses conditions de vie n’étaient pas efficaces. Tous les paysages endémiques de la région sont soumis tous les ans aux activités destructrices de l’homme qui nuisent non seulement aux ressources naturelles locales mais ont des effets pervers sur le système écologique.

Cette dégradation est due notamment aux faits suivants :

  • les forêts naturelles et les aires reboisées sont exploitées de manière destructive et souvent illicite pour la production de bois d’oeuvre et de bois d’énergie (charbon de bois et bois de chauffe). Les superficies reboisées sont loin d’être proportionnelles à celles exploitées et déboisées ;
  •  les pratiques culturales itinérantes ont recours au défrichement des forêts naturelles. Les superficies forestières converties en parcelles agricoles n’ont pas la possibilité de se régénérer car elles sont périodiquement cultivées jusqu’à leur épuisement total ;
  •  les feux de brousse ont freiné la régénération naturelle des forêts détruites. Les exploitants forestiers, souvent des non professionnels, ne respectent pas les conditions et clauses d’exploitation.

Le manque de contrôle et de suivi augmente les exploitations illégales et la circulation des produits illicites au détriment des formations forestières même de faible production. Le phénomène de déboisement atteint son apogée et porte atteinte aux efforts de développement pour l’amélioration de la production agricole et pour la préservation de l’environnement forestier et l’équilibre écologique.

Les impacts de ces dégradations ont commencé à se faire sentir aussi bien sur le climat que sur la productivité du sol dans la région.

De plus, on réalise aujourd’hui que l’environnement urbain a été passablement négligé. Les villes qui concentrent les 20 % de la population, connaissent de graves problèmes d’assainissement et d’adduction d’eau, de traitement des déchets ménagers et hospitaliers, de gestion des risques industriels, de pollution atmosphérique. Les prélèvements opérés sur les nappes phréatiques dans un rayon de 60 km autour des agglomérations dépassent leurs capacités de recharge. Il serait toutefois hasardeux de tenter les quelques initiatives en cours pour un gage d’efficacité accru.

Cadre administratif

Généralités sur les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) et les Services Techniques Déconcentrées (STD)

a- Définition d’une Collectivité Territoriale Décentralisée (CTD)
Une collectivité territoriale décentralisée est une portion du territoire national dans laquelle l’ensemble de ses habitants électeurs de nationalité malagasy dirige l’électivité régionale et locale en vue de promouvoir le développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique et technologique de sa circonscription. Elle assure, avec le concours de l’Etat, l’aménagement du territoire, la protection de l’environnement, la sécurité publique et l’administration, l’amélioration du cadre de vie ainsi que la préservation de son identité. Elle est dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière.

b- La région
D’après la loi 2004-001 du 17 juin 2004, Madagascar est subdivisé en 22 régions. Elle se définit comme étant une collectivité publique à vocation économique et social, la
région dirige, dynamise, coordonne et harmonise le développement économique et social  de l’ensemble de son territoire. Elle assure la planification, l’aménagement du territoire et la mise en oeuvre des actions de développement.
La région est à la fois une collectivité territoriale décentralisée et une circonscription administrative. En tant que Collectivité Décentralisée, elle dispose de la personnalité morale, de l’autonomie financière, et s’administre par des conseils régionaux. En tant que circonscription administrative, elle regroupe l’ensemble des services déconcentrés de
l’Etat au niveau régional.

La région de DIANA est composée de 5 districts à savoir Ambanja, Ambilobe, Antsiranana I, Antsiranana II et Nosy Be. Elle est composée de 61 communes et de 533  fokontany. Elle est dirigée par le Chef de région. La région harmonise, coordonne le développement des communes dans leur territoire.

Les districts
Le décret de création des districts stipule : Le district est une circonscription administrative relevant de la région dont les limites territoriales coïncident avec celles des anciennes sous préfecture, ex fivondronampokontany. Il comprend un ou plusieurs arrondissements administratifs. Les chefs de districts et leurs adjoints sont nommés par l’Etat central.
Les communes
La commune est une collectivité décentralisée de base au même titre que la région. Elle est une collectivité locale de droit public dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière et administrative. Ses organes, le maire et les conseillers sont élus au suffrage universel direct et administrent librement la commune. La Région DIANA est composée de 61 communes.

Les fokontany
Le fokontany est une subdivision administrative de base au niveau de la commune. Le comité du fokontany dirigé par son président est l’auxiliaire du chef d’arrondissement, dans ses attributions administratives et fiscales Les habitants du fokontany constituent le «Fokonolona». Le fokontany, selon l’importance des agglomérations, comprend des hameaux, villages, secteurs ou quartiers.

Les CTD sont dotées de l’assemblée délibérante dénommée conseil (conseil régional pour les régions, conseil municipal pour les communes urbaines, conseil communal pour les communes rurales) et d’un bureau exécutif.

  • Découpage Administratif

Les districts de la région de DIANA sont composés en moyenne de 12 communes avec un maximum de 23 communes en 2009 pour le district d’Ambanja et 21 pour Antsiranana II pour la même année. Antsiranana I étant le Chef lieu de région et chef lieu de province, il est en même temps une commune et un district. De même, Nosy Be qui est une île sur la partie Ouest de la région est en même temps un district et une commune.

Quant aux fokontany, chaque district possède en moyenne 107 fokontany et chaque commune en moyenne 9 fokontany. Le rang en termes de fokontany et de nombre de communes des différents districts de la Région DIANA est quasi similaire avec un maximum de 177 à Ambanja. Ambilobe détient le deuxième nombre de fokontany le plus élevé malgré un nombre plus faible de communes.

Par rapport à la superficie totale de la région de DIANA qui est de 20 942 km2, un fokontany a en moyenne une superficie de 39,3 km2.

Tableau 4. Découpage Administratif et territorial de la région

Unité : nombre

District

Nombre des communes

Nombre des fokontany en 2009

Nombre des fokontany en 2012

Ambanja

23

177

187

Ambilobe

15

161

174

Antsiranana I

1

24

25

Antsiranana II

21

139

162

Nosy Be

1

32

40

Total

61

533

588

Source : MEI/ CREAM Monographie 2009

Les Services Territoriaux Déconcentrés          

Etant un ancien chef lieu de province, presque tous les services techniques des ministères sont présents dans la région. Ci-après une liste indicative de ces services suivant la situation de l’année 2009:

  • Direction Régionale du Développement Rural de DIANA ;
  • la Circonscription des Eaux et Forêts ;
  • l ’ANAE, l’ANGAP, l’ESFUM, le CAPE, l’ONE en tant qu’Agences d’Exécution ;
  • Direction Régionale de Décentralisation ;
  • Préfecture ;
  • Justice ;
  • Direction Régionale de Développement Sanitaire,
  • Direction de la Santé publique ;
  • Direction Régionale de l’Administration Pénitentiaire ;
  •  Postes et Télécommunications ;
  • Trésor Principal ;
  • Service du Contrôle des Dépenses Engagées ;
  • Commissariat de Police ;
  • Brigade de la Gendarmerie ;
  • Service de Centre Fiscal ;
  • Service des Travaux Publics ;
  • Service du Génie civil ;
  • Service du Commerce ;
  • Direction Régionale de l’Information, de la Culture et de la Communication ;
  • Direction Régionale de la Population, de la Condition Féminine et de l’Enfance ;
  • Direction Régionale de la Jeunesse et Sports ;
  • Direction Régionale de l’Industrie et des Mines ;
  • Direction Régional du Tourisme ;
  • Direction Régionale des Travaux Public, de l’Aménagement du Territoire, des Transports et de la Météorologie ;
  • Direction Régionale de l’Economie, des Finances et du Budget ;
  •  Direction Régionale de l’Enseignement Secondaire et de l’Education de Base ;
  • Circonscription scolaire (CISCO) ;
  • Direction Interrégional de l’Administration Territoriale ;
  •  Service des Impôts, Service de Transport ;
  •  Direction de l’Education Nationale, FOP, Aménagement des territoires, Météorologie;
  •  Enseignement Technique et Formation Professionnel ;
  • Jeunesse et Loisir, Tourisme et Artisanat

Graphique 1. Organigramme de la région

diana-organigram